Compte Rendu de l’Assemblée Générale de RFFLabs du 21 juillet 2018

A 10h45 nous démarrons l’AG, une fois le quorum atteint = 37 Labs pour 64 adhérents du collège des FabLabs. Pour la prochaine AG, nous pourrions essayer de mettre en place un canal de diffusion vidéo, étant donné la difficulté de réunir l’ensemble des adhérents eu égard aux contraintes des uns et des autres. En revanche, il est vivement recommandé en cas d’absence prévue de s’organiser pour conférer un pouvoir et des recommandations de vote à ses mandants, ce qui permettra à nos réunions et aux décisions qui y sont prises de bénéficier de toute la légitimité nécessaire.

L’AG commence par un vote formel des membres présents actant le fait que l’AG est valide malgré le défaut de convocation dans les formes des membres de l’association.

Bilan Moral 2017

Après une rapide intervention, Olivier présente le bilan moral de l’association pour 2017

  • Chiffres clés (cf. Rapport Moral 2017)
  • FabLab festival 2017
  • FAB13 : 13e édition des FabEvent organisé par la FabFoundation. Cette édition a eu lieu au Chili à Santiago. Près de 600 makers et 1000 participants (partenaires, organisateurs, bénévoles, …) étaient présents entre le 31 Juillet et le 6 Août à Santiago. Nous avions une délégation Française présente sur place (représentants de Paris / RFF / Toulouse). A ce titre, leur mission était de s’imprégner de l’esprit de l’événement, d’échanger en direct avec les organisateurs de FAB13 pour avoir un retour d’expérience et présenter le format “novateur” de FAB14Extended.
  • October Make (27-29 Octobre 2017) : une franche réussite qui a permis entre autres de finaliser les équipes d’organisation des Fab Distribués et d’animation du chantier Livre Blanc et du Conseil Scientifique. L’événement October Make va se pérenniser et sera organisé chaque année dans un Lab différent, ce qui permettra à l’ensemble de la communauté de découvrir les différentes espèces qui la composent. Un grand merci aux organisateurs de la première version, L’Atallier, Léa Floury, Alexandre Rousselet, et toute l’équipe de bénévoles qui se sont mis en quatre pour faire de cet événement une belle réussite.
  • Adhésion à la MedNum – Coopérative des acteurs de la médiation numérique (2 parts sociales pour 100 €)

Question de la salle : Qui nous y représente ?

Eric Durand  ( La quincaillerie) se propose de représenter RFF dans la Coopérative

  • Novembre – Don à Framasoft (100€) voté lors de la précédente AG
  • 16 Novembre – signature, comme prévu lors de la précédente AG, de la convention avec Canopé – appelée en interne « promotion Canopé » – (création et accompagnement pédagogique). Il y a maintenant une convention cadre au niveau national qui doit permettre au local de créer des partenariats portant sur la création de contenus pédagogiques pour l’Education Nationale.

TO DO : diffuser la Convention dans le Réseau

Bilan financier

Concernant le bilan financier, comme pour d’autres éléments de gestion et de gouvernance, la salle, le CA et le Core s’accordent pour dire que nous devons faire des progrès en matière de reporting, de consolidation, bref, plus généralement de procédures comptables, progrès d’autant plus nécessaires que l’Association grandit et devient un acteur identifié par les institutions.

Ces progrès sont tributaires de notre possibilité à financer à minima le temps partiel d’un professionnel qui prendra en charge la gestion de ces questions. Comme pour le reste, il est prévu de faire le nécessaire pour trouver les ressources permettant de mettre en place ce poste.

Quelques chiffres clé :

  • 36€ dépensés (frais bancaires)
  • + de 4000€ d’adhésions
  • Pas de frais d’assurance
  • Pas de factures
  • NB : le coût d’organisation de « October Make » figure dans le bilan de l’Atallier qui l’a intégralement pris en charge (25k€)
  • Valorisation à la grosse louche du temps humain bénévole dédié notamment par 5 personnes très actives pour un montant de 40k€

TO DO : Intégrer au BF les factures pour Framasoft & adhésion MedNum

VOTES

 

BILANS 2017

  • bilan moral : unanimité
  • bilan financier : 3 abstentions

11h10 – lecture des professions de foi des FabLabs pour procéder à l’élection des membres du CA en remplacement des sortants

Collège des FabLabs – 3 candidatures pour 3 places

  • Artilect : réélu à l’unanimité du collège des FabLabs moins 2 abstentions
  • LabSud : réélu à l’unanimité du collège des FabLabs moins 1 abstention
  • La Fabrique du Loch : élu à l’unanimité du collège des FabLabs

Collège des usagers – 1 candidature pour 1 place (13 votants)

  • Hugues Aubin : élu à l’unanimité du collège des Usagers moins 1 abstention

11h17 – Présentation du Livre Blanc et Conseil scientifique (Matei Gheorghiu)

En quelques mots, lors de l’October Make, Camille Bosqué, Constance Garnier et Matei Gheorghiu ont été missionnés par le Conseil d’Administration pour travailler à une préfiguration de ce que pourrait être le Conseil Scientifique du RFFLabs (rédiger une lettre de mission, une charte de déontologie en s’inspirant des bonnes pratiques en provenance du monde académique et associatif et de leur connaissance du mode de fonctionnement des labs). Ce petit groupe a été aussi missionné, sous la coordination de Simon Laurent, seul survivant actif du précédent groupe de travail Livre Blanc, de mener à terme ce chantier, ce qui est presque chose faite.

Sur la préfiguration du Conseil Scientifique :

Cet organe aura à terme deux fonctions importantes pour l’association, une fonction opérationnelle (1) et une fonction symbolique (2)

  • (1) Faciliter la circulation des informations et données à caractère scientifique entre membres du réseau, entre ces derniers et les “personnes ressources” externes et inversement, orienter les questions extérieures vers les membres pertinents du réseau pouvant y répondre
  • (2) Doter l’association d’une légitimité scientifique garante de son professionnalisme et de son fonctionnement déontologique

Le chantier avance lentement, faute de ressources temporelles nécessaires (le chantier Livre Blanc et d’autres problèmes imprévus ayant pas mal occupé l’équipe), et les documents prévus sont à peine en cours de finalisation. Choix a été fait (cf. infra questions / réponses) de ne pas rédiger ces documents en mode “crowdsourcing” mais de faire une première version qui sera soumise dès l’automne à relecture critique/propositions d’amélioration par les membres du réseau.

Sur la base du mandat CS, les membres fondateurs ont participé à un certain nombre d’événements pour représenter le Réseau, comme par exemple :

  • Intervention de Simon Laurent accompagné par Alexandre Rousselet le lundi 17 07 2017 à la Journée nationale des Réseaux organisée par le Ministère des Affaires Étrangères
  • Intervention de Matei Gheorghiu accompagné par Thomas Sanz aux Assises du numérique (organisées par le PCF Place du Colonel Fabien),
  • Consultation et communication pour la Mission ministérielle “Coworking Tiers Lieux et revitalisation du territoire” initiée par le Secrétaire d’Etat Julien Denormandie et menée par la Fondation Travailler Autrement,
  • participation à l’organisation du Fab Distribué Recherche (Constance Garnier)
  • Intervention de Alexandre Rousselet et de Matei Gheorghiu à une conférence sur le Soft Hacking dans la recherche aux journées ESOF à Toulouse

L’ensemble de ces actions a donné lieu à une communication résumée sur le site internet de l’association (fablab.fr) et à des discussions sur différents canaux dans Mattermost.

Sur le chantier Livre Blanc :

Le questionnaire a été mis en ligne dès novembre 2017, et il a fallu attendre fin juin 2018 pour atteindre environ 60 réponses, ce qui constitue un seuil minimal de représentativité. Merci à tous les répondants. Les données ainsi recueillies – qui représentent un volume conséquent, eu égard au niveau de détail des questions posées – ont commencé à être traitées par l’équipe lors d’un w-e de travail intense et néanmoins ensoleillé (les réponses compilées représentent plus de 300 pages de texte).

Comme pour le CS, il y a eu peu de communication « en temps réel » à l’adresse des membres du réseau, le temps de la recherche – et les emplois du temps des membres de l’équipe – étant assez difficiles à concilier avec une présence massive sur tous les forums et une communication instantanée. Néanmoins, de nombreuses relances et remarques ont été faites sur Mattermost et sur les pages Fablab.fr et Facebook, les personnes les ayant suivies pourront en témoigner.

Quelques éléments de préfiguration se dégagent, mais il faudra attendre le prochain October Make pour pouvoir lire la synthèse de ces données. En quelques mots, une première analyse superficielle nous permet de distinguer trois thèmes forts :

  • La forte croissance du nombre des Fablabs sur le territoire et le fait que nous atteignons sans doute un palier dans le rythme de développement – à partir de ce niveau de concentration, et étant donnée la rareté des ressources et la complexité des modes de financement, il est difficile de concevoir une poursuite de la croissance du nombre des Labs à ce rythme sans mise en danger de l’écosystème. On peut en déduire qu’il est plus que jamais essentiel de se structurer en réseau et de coopérer dans la construction de modes de gouvernance et d’interaction avec les partenaires qui minimise ces risques et permette de poursuivre le développement intelligent du mouvement sur le territoire.
  • La grande diversité des situations locales dans lesquelles les Fablabs évoluent et la grande diversité des solutions que les équipes ont développées pour y faire face – diversités qui nous imposent de regarder avec prudence toute tentative d’imposition de label ou de modèle venant du haut, d’experts en développement, de consultants powerpoint et autres vendeurs de poudre de perlimpinpin. Cette situation nous invite au contraire à inventer une manière de faire de cette diversité une force collective.
  • La diversité des situations locales va de pair avec une diversité des agendas et des temporalités (dyschronie) : tous les Fablabs n’ont pas été montés en même temps et ne sont donc pas au même stade de développement, ils n’ont pas les mêmes partenaires institutionnels ou industriels qui eux-mêmes pensent selon des calendriers différents (élections locales, mise sur le marché de tel ou tel produit, électoral ou industriel, échéances comptables…). D’où la nécessité de construire un temps commun aux Fablabs, un temps de la recherche participative, qui puisse servir de contrepoint à ces forces centripètes que sont les temporalités des institutions partenaires, et qui permette aux Fablabs qui ne sont pas tous au même stade de développement de s’intégrer harmonieusement au réseau.

Lors du Fab14 – et en amont, lors des journées ESOF – la possibilité de création d’une Fab Foundation Européenne a été évoquée. Dans cette optique, les représentants du réseau des Fablabs espagnols nous ont demandé de leur communiquer notre questionnaire afin qu’il serve de modèle pour mettre en œuvre la même démarche de Livre blanc en Espagne. Cette possibilité de construire un Livre Blanc à l’échelle européenne produit par la base nous conférerait une forte légitimité collective et nous permettrait d’entrer en négociation directe avec les autorités européennes. Nous y travaillons. Une première réunion a été programmée avec différents représentants de Fablabs européens pour l’organisation de cette Fondation.

11h40 – Retour sur la négociation avec la Région Rhône Alpes dans sa démarche de labélisation FabCity

Le FabCity Summit est un temps de célébration œcuménique qui permet d’inciter des acteurs industriels et institutionnels à s’associer au mouvement des Fablabs. Un des moments de cette célébration est la « labellisation » des Fab-Cities et des Fab-Régions. Cette labellisation, assurée par l’association FabCity, ne répond à aucun cahier des charges bien défini, comme nous avons pu incidemment nous en apercevoir. Non seulement elle ne correspond à aucun cahier des charges, elle ne dispense pas plus une véritable labellisation, mais constitue une réponse à un engagement des collectivités qui y adhérent de remplir un certain nombre d’objectifs d’ici 2054 ! En somme, il s’agit avant tout d’une démarche d’incitation qui implique un travail de formalisation a posteriori des objectifs et des moyens à mettre en œuvre pour les réaliser.

Quelques jours avant le Summit, nous (le Core, le CS) avons été contactés par un Fablab de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui nous a avertis que celle-ci avait postulé pour une labellisation et que son dossier comportait bon nombre d’irrégularités mettant en doute la sincérité de la candidature. Entre autres, certains des plus importants Fablabs de la région n’apparaissaient pas sur la carte, aucune action d’envergure n’avait été initiée par la région préalablement à la demande de labellisation, les statistiques produites étaient inexactes et présentées de manière trompeuse, le film de présentation était visiblement un document de communication initialement réalisé pour un autre événement et recyclé pour l’occasion, etc.

Nous avons donc immédiatement pris contact avec l’équipe FabCity (Tomas Diez, Kate Armstrong) pour les avertir du risque de crédibilité que constituait la labellisation de cette région sans vérification du bien-fondé de sa demande. En retour, l’équipe FabCity a soutenu notre position et a pris contact avec les représentants de la région pour leur signifier les imperfections de leur dossier et leur proposer un report de leur labellisation et une démarche d’accompagnement et de suivi des actions qu’ils vont entreprendre pour atteindre les objectifs.

S’en sont suivis plusieurs rounds de négociation par mail et par visioconférence dont on vous épargne les détails mais dont on vous livre le résultat : suite à ces discussions nous avons abouti à un compromis consistant à engager la région Au-RA à co-construire avec nous (RFFLabs) un cahier des charges pour promouvoir les bonnes pratiques et éviter les mauvaises dans les interactions entre autorités régionales et Fablabs sur leur territoire, à l’aide de nos retours d’expérience, de notre expertise et de la mémoire organisationnelle qui la constitue. Au cours de ce processus RFFLabs sera l’instance devant s’assurer du respect de ce cahier des charges.

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette expérience :

  • Nous avons réussi à inciter les autorités politiques régionales à nous considérer comme partenaires de discussion à part égale
  • Cette situation nous fait entrer officiellement dans des mécanismes de co-construction des relations entre Labs et Institutions
  • Cela nous impose de travailler en amont à la construction du Cahier des charges en vision de nos possibilités (à développer) d’en garantir le suivi et la réalisation.

Pour conclure, cette situation n’est pas exempte de risques et de difficultés (se coordonner entre Labs à l’échelle régionale et nationale, négocier des calendriers qui satisfassent toutes les parties, consacrer le temps nécessaire à la réalisation des engagements pris, etc.), mais elle est une première démonstration de notre légitimité collective et de notre valeur ajoutée. Nous devons donc poursuivre et approfondir ce travail en partenariat avec l’association FabCity, les régions et les villes labellisées FabCity ou qui désirent le devenir et les différents acteurs pertinents dans cette démarche.

QUESTIONS DE LA SALLE :

  • Dans quelle mesure Le RFF est une ressource dans la réflexion sur la protection des Fab Managers dans leur posture de salariés ?

Le Réseau national est le niveau pertinent pour mener une réflexion sur les conditions de travail des personnes impliquées dans le fonctionnement et l’animation des Fablabs. En effet, le Code du travail est valable sur le territoire et les diplômes (de FabManager par exemple) ont aussi vocation à l’être. A ce titre, les travailleurs des labs peuvent voire doivent mener une réflexion au niveau national pour construire la définition de leur profession, de ses normes et de son expertise.

Par ailleurs, seule l’appartenance à un réseau national capable d’apporter son soutien logistique, juridique, matériel et affectif permet aux travailleurs des labs de ne pas être à la merci de leurs financeurs et employeurs locaux.

Il a été décidé de monter un groupe de réflexion pour traiter toutes les questions relatives  aux conditions de travail dans les labs (fiche métier, recensement des risques psychosociaux, questions de qualité de vie au travail, compétences requises, reconnaissance titulaire et salariale, assurances et tutti quanti). Les membres de ce groupes de travail émergent sont :

Laurent Barnier (le Petit FabLab de Paris)

Kerry Gammon (Artilect)

Jean Baptiste Soubias (FacLab)

Odile Maillard (LabSud)

Matei Gheorghiu (CS)

TO DO : Faire une revue des différentes fiches de post de Fab Managers dans les Labs. // Etude des disparités, du commun. (Contacter les services de documentation et rapprochement de structure d’accompagnement à l’orientation – Fiche Rome Fabmanager ??)

 

  • Sur le fonctionnement du CS : il y a une marge de progression sur le faire savoir.
  • La salle demande et le CS s’engage à diffuser les informations sur le Mattermost et les autres canaux (les différents comptes-rendus ont été publiés régulièrement suite aux différentes actions). Les émetteurs et les destinataires reconnaissent tous un manque chronique de temps à consacrer au suivi des différentes actions. Il y a une nécessité pressante à structurer les actions en plusieurs groupes de travail efficaces.
  • Question sur les outils à mettre en place : question récurrente, des outils existent, il faut les perfectionner et il est nécessaire que chacun s’astreigne à une discipline dans leur utilisation (publications et consultations régulières, etc.)
  • Difficulté pour les Membres du CS d’expliquer aux usagers de leurs structures ou à leurs interlocuteurs quelles sont les activités du RFF / l’utilité pour leur FabLab d’y adhérer – à mesure que les enjeux organisationnels deviennent apparents (avec la montée en puissance du réseau), ces difficultés devraient s’estomper – pour laisser place à de nouveaux problèmes..
  • Appel à l’indulgence de la part des membres des différents chantiers : le travail mené est entièrement bénévole / on mène de nombreux projets et on s’engage beaucoup / il faut dans ce contexte confiance aux compétences des uns et des autres et à leur engagement à respecter leur mandat à la lettre. Si la communication en temps réel fait défaut, les différentes actions font l’objet d’un suivi et de comptes rendus et lors des rencontres nationales (comme l’AG ou l’October Make), les membres des différents chantiers rendent des comptes au réseau.
  • Les membres du réseau ne doivent pas hésiter à demander régulièrement des éléments d’informations aux personnes responsables si celles publiées sur le site, le Mattermost et la newsletter ne sont pas suffisantes.

12h12 : le CA se réunit pour élire le bureau

  • Simon Laurent élu président du RFFLabs (mandat des Beaux Boulons d’Auxerre)
  • Hugues Aubin élu vice-président (Human Lab – mandat d’usager)
  • Alexandre Rousselet (Mandat de l’Atallier FabLab Moulins – secrétaire)
  • Olivier Gendrin élu trésorier (Mandat de sympathisant)

(Remerciements à Kevin pour tout son travail)

Simon :

  • Cette année l’objectif n°1 est de trouver de l’argent pour financer un salarié
  • On se retrouve à October Make qui sera organisé cette année par le Fablab de Caylus dans le Quercy.
  • Félicitations à toutes les équipes qui ont organisé les FabLabs Distribués = première action collective du réseau. Gros challenge et brillant succès

Open Space Maker – Projet porté par le CNES qui a donné un financement au RFFLabs pour participer à une étude de besoin des Makers vis-à-vis de l’Open Source dans le spatial. Budget entrant 24k€, charge salariale sortante : 15 à 18k€, frais de mission : 3 à 5k€ // 2/3k€ net pour RFFLabs au final.

Hugues :

  • Des liens forts ont été créés et de petits villages sont devenus des cœurs de réseau sur des thématiques et le réseau serait prêt à y revenir. Possibilité de lancer une réflexion sur le fait de réitérer ce type d’évènement.

Alexandre :

  • Nous avons eu la bonne surprise de voir le lundi 16 Juillet sur la scène principale de FAB14 à Toulouse la candidature portée par le réseau des fablabs d’Europe du Sud Est pour organiser le Fab18. Ces derniers ont vécu l’expérience des Fab Distribués en France en région et furent inspirés par le concept. Ils proposent un format similaire avec FAB18 Distributed dans les pays d’ex Yougoslavie (et voisins). Dans cette dynamique nous avons été sollicités pour savoir si nous pouvions être des partenaires potentiels pour les aider dans l’organisation de FAB18.
  • Nous n’y voyons pas d’inconvénient particulier, toutefois dans un souci d’égalité, le RFF s’offre jusqu’à Janvier 2018 pour produire un « cahier des charges » du bon Fab Distribué Nous transmettrons nos recommandations à la FabFoundation afin qu’ils prennent connaissance et comprennent l’importance de ce format d’événement. Et ainsi leur permettre ensuite de le transmettre à chacun des pays souhaitant candidater sur un FabX.   (Un travail qui sera mené par Léa Floury, Thomas Sanz et Alexandre Rousselet).

Après ces intenses discussions et au terme de cette année trépidante, toute l’Assemblée se réjouit de pouvoir prendre un peu de repos en regrettant toutefois de ne pouvoir trinquer avec l’ensemble des membres du réseau IRL. Les verres qui ont suivi ont été levés à la santé des absents qui n’ont pas forcément tort.

Photos : Romain Angiolini

Scribing : Pascaline Liard

“Makers. Enquête sur les laboratoires du changement social”, compte rendu de lecture

Note de lecture du livre « Makers. Enquête sur les laboratoires du changement social », par Isabelle Berrebi-Hoffmann, Marie-Christine Bureau & Michel Lallemant, Paris, Seuil, 2018, 352 p., ISBN : 978-2021389937.

 

Depuis l’aube des temps et par-delà les frontières une seule chose demeure stable : un intérêt inquiet des hommes pour le changement. Les différentes postures à l’égard de l’avenir se déclinent en autant de pratiques et d’institutions. À la bourse ou au casino, l’homme trouve un moyen de satisfaire sa passion spéculative. En souscrivant à des assurances ou en s’astreignant à l’ascèse, il cherche au contraire à apaiser son inquiétude. Il arrive parfois qu’inquiétude et passion spéculative se conjuguent et donnent naissance à une réflexion collective sur les fondements des jeux : les règles. C’est à l’exploration de cette rencontre délicate entre tendances opposées à l’occasion de l’émergence de nouveaux lieux dédiés à la fabrication numérique, les makerspaces, que se consacre, depuis une demi-douzaine d’années, le travail d’une équipe de sociologues du CNAM dont le dernier ouvrage se propose de faire un – nécessairement provisoire – état des lieux.

Et c’est précisément là que se situent la principale difficulté et mérite de ce travail : décrire, sans les figer, dans leur diversité, leur complexité, leur éclatement parfois, les espaces et les circonstances au sein desquels divers acteurs tentent de construire des règles communes et des pratiques partagées autour des nouvelles technologies et des défis qu’elles introduisent. Ainsi présenté, ce programme d’enquête pourrait s’appliquer à toutes les dimensions de la vie individuelle et collective, tant la pénétration des nouvelles technologies est aujourd’hui profonde et diffuse ; l’abondance des publications prenant l’innovation pour objet peut en témoigner. Mais cette menace d’éparpillement est ici conjurée grâce à l’apparition, ces dix dernières années, d’une nébuleuse d’entrepreneurs de normes qui donne à ce processus un semblant de consistance et que les auteurs de l’ouvrage ont adopté comme terrain d’analyse : les makers et les makerspaces.

Le second et non moindre mérite de ce travail est de faire preuve d’un certain flair et d’une curiosité sincère pour cette nébuleuse émergente. Cet intérêt a permis à l’équipe d’être en première ligne pour identifier des acteurs clés de cet écosystème émergent, de s’engager avec eux dans la réflexion sur leur identité et de contribuer à faire de l’ensemble un objet de recherche légitime, grâce à leur statut de chercheurs établis dans une institution prestigieuse. La démarche aura permis de produire un texte qui reflète assez fidèlement les – et participe aux – tentatives d’institutionnalisation d’un « monde social » au sens de Becker. L’ensemble est un document riche et instructif qui permet de se faire une idée assez juste de l’état des lieux et des pratiques dans le monde dit des makers. Tentons un rapide résumé des chapitres avant de formuler quelques réserves.

Dans un premier chapitre, illustrant parfaitement l’idée selon laquelle le rapport au changement est la chose au monde la plus stable et la mieux partagée, les auteurs établissent une généalogie du mouvement des « makers », en retraçant ses racines à l’épopée des shakers, au mouvement Arts&Craft, au DIY, et aux promoteurs, de ce côté-ci de l’Atlantique, du « système D ». Le second chapitre est consacré à une revue de la diversité des lieux et des pratiques (du hack au make en passant par le fab) et tente de constituer un portrait de famille, en se basant sur des « différenciations morphologiques » redoublant schématiquement des divergences idéologiques.

Dans le chapitre suivant, les auteurs mettent ces initiatives en perspective avec les tensions qui traversent l’écosystème et structurent les rapports entre acteurs, essayant de révéler ainsi les cousinages et les secrets de famille. Poursuivant l’exploration de ces conflits, le chapitre 4 décrit les batailles autour des noms et des termes employés pour désigner ces espaces et ces initiatives. Le pouvoir de nommer étant théoriquement un fait du prince, il n’est pas étonnant que dans un milieu en voie d’institutionnalisation où la hiérarchie n’est pas fermement établie, et où une partie des acteurs cherche à privilégier un mode d’organisation horizontal, les débats portent aussi (surtout) sur les noms que doivent prendre les choses, débats reflétant la diversité des positions.

L’appréhension de la diversité des positions et des références est approfondie dans le chapitre 5 par le biais d’une attention prêtée à différentes trajectoires de makers. Les auteurs ont en effet tranché le débat dès le titre en décidant d’adopter un terme issu du terrain qui leur paraît être le plus neutre, bien que ce choix soit discutable, dans la mesure où il rattache les phénomènes observés essentiellement sur le territoire français – avec une excursion au Sénégal et à Berlin – à une filiation nord-américaine. Une typologie est dressée, distinguant sept profils : les ingénieurs, les artistes et les designers/architectes, les techniciens, les journalistes, les médiateurs culturels, les administrateurs, les étudiants. Si cette typologie repose plus sur la trajectoire officielle et répond à des critères exogènes au supposé monde considéré, les auteurs signalent en fin de chapitre que les identités sont tout de même « plurielles et pluri-statutaires » et que les stratégies de présentation de soi des acteurs insistent sur l’effacement des références aux normes institutionnelles.

Les chapitres 6, 7 et 8 tentent de dépasser cette difficulté – comment se constituer une identité stable, qui permette la reconnaissance mutuelle sans avoir recours aux identités forgées dans les cadres institutionnels qui sont remis en question – en explorant la manière dont les makers essayent en pratique de construire un monde en commun, en établissant des réseaux et des alliances avec divers acteurs institutionnels, publics ou privés.

Cette exploration conduit les auteurs à souligner la prétention de ces entrepreneurs de normes de construire un « nouveau monde », ce qui ne va pas sans offrir de prise à diverses contradictions. L’ouvrage passe alors en revue une suite de références constituant un apparent panthéon de la culture maker. Cette évocation amène les auteurs à reformuler (dans le chapitre 6) des distinctions indigènes entre « makers » et « hackers » en s’appuyant sur une analyse de contenu de quatre ouvrages écrits par des spécialistes ou des promoteurs de ce monde. On peut regretter qu’à cette occasion, nous y reviendrons, l’exposé s’en tienne à une simple analyse de contenu des ouvrages sans le mettre en perspective avec les trajectoires sociales de leurs auteurs. La suite nous propose une description de différentes structures émergentes, des événements qui y sont organisés, et des personnes qui y participent. On peut suivre le déroulement d’une maker faire européenne, d’un congrès de hackers à Berlin, une semaine de Makers à Nantes.

L’effervescence ainsi dépeinte donne naissance à des embryons d’organisations collectives que les auteurs recensent (chapitre 7) et dont ils relatent l’émergence. Malgré l’aspect non linéaire de leur développement – l’histoire bégaye –, l’analyse du mouvement en France sur plusieurs années témoigne d’une tendance à la croissance et à la concentration (donc à l’institutionnalisation) de ces réseaux par le biais d’essaimages, d’alliances avec différents acteurs institutionnels et de visibilité accrue (chapitre 8). Cette institutionnalisation passe entre autres par des partenariats avec le monde universitaire, les artisans d’art et les grandes entreprises.

En conclusion, les auteurs reviennent à leur source (de légitimité), la sociologie du travail, en rappelant la triple distinction d’Alain Supiot, entre formation et travail, entre travail rémunéré et gratuit, enfin entre travail dépendant et indépendant, et montrent que de nombreux cas de figure aujourd’hui remettent en question ces distinctions (formation tout au long de la vie, estompage des frontières entre emploi et travail bénévole, recours croissant à des formes d’indépendance qui ne sont que formelles). Ces remarques conduisent les auteurs à interpréter l’émergence du monde maker comme le symptôme d’une recomposition globale du travail et du capitalisme à laquelle la sociologie devra être bien plus attentive à l’avenir.

Si l’ensemble de ce travail est stimulant par l’exploration de phénomènes peu considérés et peu étudiés jusqu’ici, et remarquable par l’engagement des chercheurs vis-à-vis de leur objet, on peut toutefois esquisser un certain nombre de réserves. La première, la plus sérieuse, dont découlent toutes les autres, porte sur la construction de l’objet : l’utilisation du concept de « monde » au sens beckerien pour caractériser l’ensemble des phénomènes considérés ici est-elle pertinente ? Existe-t-il un « monde des makers », et par suite, existe-t-il une catégorie d’individus qu’il serait légitime de regrouper sous cette appellation ?

L’analogie entre les mondes de l’art et le pseudo-monde des makers semble tenir si l’on se fie au fait que les débats internes portent en partie sur la nature de la pratique, ses méthodes et ses objectifs. Mais si dans les mondes de l’art (au pluriel), les professions sont établies, les traditions institutionnalisées et les repères relativement stables, ce qui permet aux débats de porter sur des objets concrets, et aux acteurs d’évoluer dans des champs constitués, les débats qui ont cours dans la nébuleuse maker ne leur ressemblent que formellement. Les positions y sont bien plus instables, ce qui ne reflète pas la versatilité de l’éthique des acteurs mais l’instabilité des phénomènes auxquels des mots nouveaux, souvent bricolés ad-hoc font référence. Et la ressemblance peut être sans doute plus certainement mise sur le compte d’une « bonne volonté institutionnelle » que d’une analogie structurelle avec le champ artistique.

Un autre danger, plus sérieux, menace la démarche : puisqu’une des stratégies de légitimation des acteurs consiste à établir des alliances avec des représentants des institutions établies, ce texte ne peut-il pas être soupçonné d’être le produit d’une transaction symbolique entre des acteurs marginaux en quête de reconnaissance et des chercheurs en quête de nouveaux objets ? À force de soutenir le développement de ce qu’ils espèrent être une alternative au capitalisme comme cela est clairement indiqué dans le texte, les auteurs n’en viennent-ils pas à prendre une utopie pour une réalité et surtout ne laissent-ils pas échapper ainsi des dimensions essentielles à la compréhension de la complexité des phénomènes observés ?

En effet, et ce sera la remarque conclusive, la lacune essentielle de cette approche se révèle lorsqu’on tente de comprendre les relations des acteurs, des structures qu’ils animent et plus généralement du « monde » considéré avec le reste – les restes – de l’autre monde, celui que nous habitons tous. Quels sont les autres engagements sociaux de ces makers ? Ont-ils une famille ? Un capital ? Un travail, sinon un emploi ? Sont-ils engagés dans d’autres actions associatives ? Quelles sont les relations des structures qu’ils animent avec les institutions ? Outre les exemples évoqués dans le livre (un Fablab fondé au sein d’une université), quels sont les contrats qui définissent les rapports entre entités ? Leurs contradictions, leurs transformations ?

Plus largement, quels sont les rapports de l’émergence de cette nébuleuse avec le contexte économique et social global, ou certains de ses éléments les plus à même de fournir des pistes d’interprétation fertiles, comme la tendance croissante à la financiarisation et à l’externalisation (le capitalisme de plateforme), le recours au travail indépendant (dominant dans le digital labour) et la prolifération des dispositifs de captation de la plus-value de ce travail comme les concours à l’innovation et les appels d’offre, la crise bancaire de 2008, la détérioration des conditions climatiques, la dévalorisation des diplômes, la dissolution des cadres de solidarité traditionnels ?

On comprend que la volonté des auteurs de constituer un objet sociologique nouveau les ait conduits à mettre la focale sur l’expression interne des contradictions du mouvement, fût-ce à l’aide de concepts externes, mais ce choix de focale, outre de faillir à établir en monde ce qui n’est que l’embryon d’une infinité de possibles, les conduit malheureusement à rendre peu discernable l’inscription des acteurs et de leurs stratégies dans de véritables mondes sociaux constitués, celui de l’industrie, de l’enseignement supérieur, de la communication institutionnelle, et finit par n’atteindre ni l’objectif de produire une analyse sociologique cohérente, ni celui de défendre une position idéologique et une démarche politique qui pourtant auraient certains mérites. Nous ne pouvons que souhaiter qu’à la suite de ce premier (second) essai, cette équipe cherche à mettre en perspective ses fines observations de terrain avec sa propre position institutionnelle et avec le contexte historique plus large dans lequel elle s’inscrit.

 

Matei Gheorghiu

Université Paris Dauphine – IRISSO

ORYTHIE

Conseil scientifique du Réseau Français des Fablabs

 

Communication de RFFLabs pour la « Mission Coworking – Tiers Lieux » du Secrétariat d’État à la Cohésion des territoires

Notre organisation – RFFLabs (en bref)

  • Date de fondation : déclarée au JORF le 19 janvier 2016
  • Composition : les adhérents peuvent être des personnes physiques, des associations, des entreprises, des laboratoires de recherche, des collectivités territoriales…
  • Bureau : Olivier Ballerini-Gendrin (président), « l’Atelier des beaux boulons », représenté par Simon Laurent (Vice-président), « Albilab », représenté par Kevin Mazars (trésorier), « LabSud », représenté par Pascal Kuczynski (secrétaire)
  • CA : 12 membres, 8 élus par le collège des FabLabs, 2 par le collège des Usagers, 1 par les Projets de FabLabs, un par les Sympathisants.
  • 4 Collèges : Fablabs – Usagers – Projets de FabLabs – Sympathisants
  • Membres (nombre) : 98, dont 60 FabLabs sous des formes juridiques diverses
  • Calendrier des futures échéances
    • Fab14 du 11 au 20 juillet,
    • AG le 21 juillet
    • OctoberMake chaque année en octobre
    • La Nuit des FabLabs, en cours de montage
  • Relations avec d’autres institutions publiques :
    • FabLab intégré à une université (ex. FacLab)
    • Association avec des Universités dans des projets de recherche type Labex (ex. le Dôme à Caen au sein du projet Téthys)
    • Des Conseils Généraux (ex. 3 Fablabs de la Nièvre sont portés par le CG…)
    • Des agglomérations ou des villes (ex. à Auxerre, « l’Atelier des beaux boulons » adossé au tiers lieu « Les Riverains »)
    • (…)
  • Relations avec des institutions : différentes conventions et partenariats signés au niveau national avec diverses associations, et de nombreuses formes de coopération au niveau local (CANOPÉ, Petits Débrouillards, Ligue de l’enseignement…)
  • De même en ce qui concerne les entreprises (Airbus, Michelin, Orange, MAÏF, La Poste…).
  • Relations avec le réseau émergent des Fablabs européens à travers le programme Vulca

Des informations complètes basées sur une enquête auprès de l’ensemble des membres de l’association et d’autres Fablabs non adhérents seront publiées dans le Livre Blanc produit par l’association à paraître à l’automne.

 

Notre vision de ce qu’est un Fablab

Une définition dépendante des enjeux locaux donc au cas par cas, mais de manière générale :

  • Une plate-forme de traduction et de transfert d’activités et de savoirs entre institutions de formation, monde de l’entreprise et collectivités territoriales concernant les besoins quotidiens des acteurs de l’environnement proche, qu’ils soient individuels ou collectifs, publics ou privés.
  • Un espace de mutualisation des outils, des locaux, des bonnes pratiques pour les TPE/PME/PMI locales, en partenariat bien sûr avec d’autres acteurs significatifs à l’échelon local, selon les cas (chambres consulaires, instituts de formation, coopératives…)
  • Un plateau de prototypage et d’expérimentation adossé le cas échéant selon les situations les ressources et les besoins territoriaux à des ateliers de production en série.
  • Un lieu de socialisation permettant de favoriser, sur un territoire, l’émergence de réseaux sociotechniques et un usage responsable et pragmatique des technologies, une culture professionnelle partagée et des espaces de régulation et d’arbitrage légitimes, en partenariat avec les compagnies d’experts judiciaires, de monde de la recherche et de l’enseignement, les organisations professionnelles, les autres acteurs judiciaires et les assureurs.

Deux remarques :

  1. les Fablabs, aujourd’hui phénomène de mode, se développent dans des contextes très différents. Un critère important de distinction est à établir entre les Fablabs urbains, en particulier ceux implantés dans des agglomérations dynamiques, offrant de multiples partenariats possibles avec divers acteurs, où différentes structures éventuellement spécialisées peuvent coexister, et les Fablabs ruraux, devant faire face à d’autres types de défis (concentration des activités, difficultés de financement…). Le Livre Blanc approfondira in extenso ces questions et cette distinction.
  2. Les Fablabs, structures à vocation collaborative, organisés en réseau, ne sont pas tous nés le même jour, et peuvent se développer, voire disparaître, à des rythmes différents. Le réseau prend en compte cette asynchronie constitutive de la situation qui justifie en partie l’importance d’une structure de partage de ressources, de bonnes pratiques et d’expertise non standardisante et décentralisée.

 

Nos objectifs

  • Contribuer à structurer et animer la communauté à l’échelle nationale, grâce au recensement et à l’étude des situations locales, de leurs points communs et de leurs différences
  • Favoriser le partage des bonnes pratiques et leur déclinaison / adaptation locale
  • Prendre acte de l’intérêt et de la justification des différences de structure, d’organisation et de partenariats en fonction des situations afin d’assurer une coordination fine et non centralisée
  • Élaborer en tenant compte de ce qui précède le bon niveau d’objectifs communs et de biens, services et pratiques mutualisées, par exemple des modalités pratiques de recrutement, d’évaluation, de certification, d’assurance, mais aussi des questions d’achats groupés de machines, consommables, fluides, etc.
  • Défendre les intérêts de la communauté lorsqu’un niveau d’intervention et de coordination national s’avère nécessaire,
  • Favoriser la mobilité professionnelle entre membres de la communauté,
  • Éviter le risque d’enclavement des membres des fablabs isolés et dépendants du contexte local
  • Faciliter le transfert des capitaux (biens, documentation, adhérents) entre fablabs dans le cas de la disparition d’une structure
  • Construire une base documentaire et une expertise collective reconnue (culture professionnelle) dans les sujets concernant la communauté, techniques, économiques et socio-politiques

 

Nos alertes sur les risques organisationnels

  • Instrumentalisation politique partisane
  • Exploitation du bénévolat & appropriation individuelle du travail collectif
  • Multiplication des investissements inutiles et autres éléphants blancs (3 fablabs par habitant) et passagers clandestins
  • Labellisation top-down qui risque de créer des coquilles vides et du « Fabwashing »
  • Épuisement des animateurs bénévoles et désengagement de la communauté
  • Sabordage du mouvement (pression à la conformité, défaut d’assistance organisationnelle et juridique, absence de prise en compte des spécificités locales et de la sensibilité technique des animateurs du réseau pouvant conduire à l’éclatement de la communauté) et dispersion des acquis collectifs qui ne demandent qu’à se mettre au service de l’intérêt général

 

Notre valeur ajoutée

Distincte de la « French tech » et complémentaire des pôles de compétitivité, la valeur ajoutée des fablabs organisés en réseau au sein de RFFLabs présente un certain nombre d’avantages évidents au niveau micro-méso mais aussi au niveau macro. La communauté de RFFLabs constitue :

  • Une communauté bien structurée, mûre, au niveau d’interconnaissance et de collaboration élevé et ayant fait preuve de sa capacité organisationnelle (Fab14, FabCity, FabFestivals…) à l’échelle nationale depuis plusieurs années. Organisation connue et reconnue, potentiel de mobilisation légitime de nombreux acteurs sur tout le territoire.
  • Un lieu de révélation des talents locaux, re-mobilisation des travailleurs et valorisation de savoir-faire « discrets », action de promotion des pratiques et des cultures techniques
  • « Objet frontière » permettant d’expérimenter de nouvelles formes de formation et d’engagement au travail collectives et individuelles, associant solidarité et adaptabilité, grâce à la mise en place de conditions de socialisation professionnelle, et des conditions d’institutionnalisation d’une solidarité et de protections sociales robuste permettant de faire face aux défis de l’ubérisation, de l’éclatement des structures de solidarité établies et du marché mondialisé
  • Un potentiel d’innovation et d’adaptations locales de produits standardisés à l’échelle mondiale, l’accompagnement de l’émergence de micro-usines de quartier, favorisant la relocalisation de la production et le développement et le maintien des savoir-faire locaux
  • Une capacité de renforcement de l’autonomie des territoires sans négliger les relations avec les institutions collectives de grande échelle (nationales, continentales, mondiales) grâce au réseau
  • Une alternative au mode de plus en plus critiqué de gestion dominant de l’innovation par concours, appels d’offres obscurs à la légitimité contestée, et autres « foires à l’innovation », alternative applicable dans certains cas de figure, en particulier à l’échelle locale
  • Un centre de documentation et d’expertise permettant à la fois de capitaliser et de partager les expériences mais aussi de construire la légitimité et l’acceptabilité sociale des usages techniques et de l’expertise, par le biais, entre autres, de formalisation de procédures de formation et de valorisation des acquis de ces formations et expériences
  • Une dynamique de promotion de la médiation et diminution, dans la mesure du raisonnable, les recours contentieux par la prévention
  • Une capacité, de par la diversité de la composition technique, sociale et éducationnelle du réseau, à envisager et à participer à une structure de gouvernance multipartite dans le cadre d’une organisation territoriale des tiers lieux

 

Nos demandes et propositions

  • Reconnaissance officielle du caractère d’intérêt général de l’association et des FabLabs en général
  • Promotion des actions mises en place par les différents membres du réseau (par exemple la labellisation « Grande école du numérique » des dispositifs de Co-dev…)
  • Mise en place d’un système d’assistance financière à la stabilisation du fonctionnement administratif du réseau national et des antennes locales (XX eq.tp + frais de fonctionnement) + financement du support juridique et organisationnel pour la formalisation
  • Adossement du livre blanc sur les Fablabs à la prochaine version du rapport (livre blanc livrable en septembre 2018)
  • Aides en matière de communication institutionnelle (genre organisation de séminaire à Bercy à l’adresse des agents de fonction publique centrale, organisation d’un séminaire pour les maires de France, pour les chargés de développement numérique des conseils généraux et régionaux…) et pérennisation (modulable) des aides en matière d’organisation des événements annuels du réseau type OctoberMake, FabFest et Nuit des Fablabs
  • Mise en place d’un crédit d’impôt innovation à l’adresse des TPE/PME qui auraient recours aux services ou aux outils dans les Fablabs
  • Facilitation des engagements en service civique / service national dans le cadre des Fablabs
  • Mise en place d’un système de mécénat / financement par les grandes entreprises en échange d’actions de formation, d’accompagnement ou d’une forme innovante d’appels d’offres au sein du réseau – possibilité de mettre en place une sorte de taxe ou droit d’auteur sur les produits réalisés dans le cadre d’un Fablab
  • Possibilité de dépenser son compte individuel de formation dans des actions de formation dispensées dans les fablabs avec émission d’une qualification professionnelle (Grande École du Numérique, Open Badges … cf. Fab+ Education)

 

Par :

  • Olivier Ballerini-Gendrin (Président)
  • L’Atelier des Beaux Boulons représenté par Simon Laurent (Vice-Président)
  • Matei Gheorghiu (Comité Scientifique)