Compte Rendu de l’Assemblée Générale de RFFLabs du 21 juillet 2018

A 10h45 nous démarrons l’AG, une fois le quorum atteint = 37 Labs pour 64 adhérents du collège des FabLabs. Pour la prochaine AG, nous pourrions essayer de mettre en place un canal de diffusion vidéo, étant donné la difficulté de réunir l’ensemble des adhérents eu égard aux contraintes des uns et des autres. En revanche, il est vivement recommandé en cas d’absence prévue de s’organiser pour conférer un pouvoir et des recommandations de vote à ses mandants, ce qui permettra à nos réunions et aux décisions qui y sont prises de bénéficier de toute la légitimité nécessaire.

L’AG commence par un vote formel des membres présents actant le fait que l’AG est valide malgré le défaut de convocation dans les formes des membres de l’association.

Bilan Moral 2017

Après une rapide intervention, Olivier présente le bilan moral de l’association pour 2017

  • Chiffres clés (cf. Rapport Moral 2017)
  • FabLab festival 2017
  • FAB13 : 13e édition des FabEvent organisé par la FabFoundation. Cette édition a eu lieu au Chili à Santiago. Près de 600 makers et 1000 participants (partenaires, organisateurs, bénévoles, …) étaient présents entre le 31 Juillet et le 6 Août à Santiago. Nous avions une délégation Française présente sur place (représentants de Paris / RFF / Toulouse). A ce titre, leur mission était de s’imprégner de l’esprit de l’événement, d’échanger en direct avec les organisateurs de FAB13 pour avoir un retour d’expérience et présenter le format “novateur” de FAB14Extended.
  • October Make (27-29 Octobre 2017) : une franche réussite qui a permis entre autres de finaliser les équipes d’organisation des Fab Distribués et d’animation du chantier Livre Blanc et du Conseil Scientifique. L’événement October Make va se pérenniser et sera organisé chaque année dans un Lab différent, ce qui permettra à l’ensemble de la communauté de découvrir les différentes espèces qui la composent. Un grand merci aux organisateurs de la première version, L’Atallier, Léa Floury, Alexandre Rousselet, et toute l’équipe de bénévoles qui se sont mis en quatre pour faire de cet événement une belle réussite.
  • Adhésion à la MedNum – Coopérative des acteurs de la médiation numérique (2 parts sociales pour 100 €)

Question de la salle : Qui nous y représente ?

Eric Durand  ( La quincaillerie) se propose de représenter RFF dans la Coopérative

  • Novembre – Don à Framasoft (100€) voté lors de la précédente AG
  • 16 Novembre – signature, comme prévu lors de la précédente AG, de la convention avec Canopé – appelée en interne « promotion Canopé » – (création et accompagnement pédagogique). Il y a maintenant une convention cadre au niveau national qui doit permettre au local de créer des partenariats portant sur la création de contenus pédagogiques pour l’Education Nationale.

TO DO : diffuser la Convention dans le Réseau

Bilan financier

Concernant le bilan financier, comme pour d’autres éléments de gestion et de gouvernance, la salle, le CA et le Core s’accordent pour dire que nous devons faire des progrès en matière de reporting, de consolidation, bref, plus généralement de procédures comptables, progrès d’autant plus nécessaires que l’Association grandit et devient un acteur identifié par les institutions.

Ces progrès sont tributaires de notre possibilité à financer à minima le temps partiel d’un professionnel qui prendra en charge la gestion de ces questions. Comme pour le reste, il est prévu de faire le nécessaire pour trouver les ressources permettant de mettre en place ce poste.

Quelques chiffres clé :

  • 36€ dépensés (frais bancaires)
  • + de 4000€ d’adhésions
  • Pas de frais d’assurance
  • Pas de factures
  • NB : le coût d’organisation de « October Make » figure dans le bilan de l’Atallier qui l’a intégralement pris en charge (25k€)
  • Valorisation à la grosse louche du temps humain bénévole dédié notamment par 5 personnes très actives pour un montant de 40k€

TO DO : Intégrer au BF les factures pour Framasoft & adhésion MedNum

VOTES

 

BILANS 2017

  • bilan moral : unanimité
  • bilan financier : 3 abstentions

11h10 – lecture des professions de foi des FabLabs pour procéder à l’élection des membres du CA en remplacement des sortants

Collège des FabLabs – 3 candidatures pour 3 places

  • Artilect : réélu à l’unanimité du collège des FabLabs moins 2 abstentions
  • LabSud : réélu à l’unanimité du collège des FabLabs moins 1 abstention
  • La Fabrique du Loch : élu à l’unanimité du collège des FabLabs

Collège des usagers – 1 candidature pour 1 place (13 votants)

  • Hugues Aubin : élu à l’unanimité du collège des Usagers moins 1 abstention

11h17 – Présentation du Livre Blanc et Conseil scientifique (Matei Gheorghiu)

En quelques mots, lors de l’October Make, Camille Bosqué, Constance Garnier et Matei Gheorghiu ont été missionnés par le Conseil d’Administration pour travailler à une préfiguration de ce que pourrait être le Conseil Scientifique du RFFLabs (rédiger une lettre de mission, une charte de déontologie en s’inspirant des bonnes pratiques en provenance du monde académique et associatif et de leur connaissance du mode de fonctionnement des labs). Ce petit groupe a été aussi missionné, sous la coordination de Simon Laurent, seul survivant actif du précédent groupe de travail Livre Blanc, de mener à terme ce chantier, ce qui est presque chose faite.

Sur la préfiguration du Conseil Scientifique :

Cet organe aura à terme deux fonctions importantes pour l’association, une fonction opérationnelle (1) et une fonction symbolique (2)

  • (1) Faciliter la circulation des informations et données à caractère scientifique entre membres du réseau, entre ces derniers et les “personnes ressources” externes et inversement, orienter les questions extérieures vers les membres pertinents du réseau pouvant y répondre
  • (2) Doter l’association d’une légitimité scientifique garante de son professionnalisme et de son fonctionnement déontologique

Le chantier avance lentement, faute de ressources temporelles nécessaires (le chantier Livre Blanc et d’autres problèmes imprévus ayant pas mal occupé l’équipe), et les documents prévus sont à peine en cours de finalisation. Choix a été fait (cf. infra questions / réponses) de ne pas rédiger ces documents en mode “crowdsourcing” mais de faire une première version qui sera soumise dès l’automne à relecture critique/propositions d’amélioration par les membres du réseau.

Sur la base du mandat CS, les membres fondateurs ont participé à un certain nombre d’événements pour représenter le Réseau, comme par exemple :

  • Intervention de Simon Laurent accompagné par Alexandre Rousselet le lundi 17 07 2017 à la Journée nationale des Réseaux organisée par le Ministère des Affaires Étrangères
  • Intervention de Matei Gheorghiu accompagné par Thomas Sanz aux Assises du numérique (organisées par le PCF Place du Colonel Fabien),
  • Consultation et communication pour la Mission ministérielle “Coworking Tiers Lieux et revitalisation du territoire” initiée par le Secrétaire d’Etat Julien Denormandie et menée par la Fondation Travailler Autrement,
  • participation à l’organisation du Fab Distribué Recherche (Constance Garnier)
  • Intervention de Alexandre Rousselet et de Matei Gheorghiu à une conférence sur le Soft Hacking dans la recherche aux journées ESOF à Toulouse

L’ensemble de ces actions a donné lieu à une communication résumée sur le site internet de l’association (fablab.fr) et à des discussions sur différents canaux dans Mattermost.

Sur le chantier Livre Blanc :

Le questionnaire a été mis en ligne dès novembre 2017, et il a fallu attendre fin juin 2018 pour atteindre environ 60 réponses, ce qui constitue un seuil minimal de représentativité. Merci à tous les répondants. Les données ainsi recueillies – qui représentent un volume conséquent, eu égard au niveau de détail des questions posées – ont commencé à être traitées par l’équipe lors d’un w-e de travail intense et néanmoins ensoleillé (les réponses compilées représentent plus de 300 pages de texte).

Comme pour le CS, il y a eu peu de communication « en temps réel » à l’adresse des membres du réseau, le temps de la recherche – et les emplois du temps des membres de l’équipe – étant assez difficiles à concilier avec une présence massive sur tous les forums et une communication instantanée. Néanmoins, de nombreuses relances et remarques ont été faites sur Mattermost et sur les pages Fablab.fr et Facebook, les personnes les ayant suivies pourront en témoigner.

Quelques éléments de préfiguration se dégagent, mais il faudra attendre le prochain October Make pour pouvoir lire la synthèse de ces données. En quelques mots, une première analyse superficielle nous permet de distinguer trois thèmes forts :

  • La forte croissance du nombre des Fablabs sur le territoire et le fait que nous atteignons sans doute un palier dans le rythme de développement – à partir de ce niveau de concentration, et étant donnée la rareté des ressources et la complexité des modes de financement, il est difficile de concevoir une poursuite de la croissance du nombre des Labs à ce rythme sans mise en danger de l’écosystème. On peut en déduire qu’il est plus que jamais essentiel de se structurer en réseau et de coopérer dans la construction de modes de gouvernance et d’interaction avec les partenaires qui minimise ces risques et permette de poursuivre le développement intelligent du mouvement sur le territoire.
  • La grande diversité des situations locales dans lesquelles les Fablabs évoluent et la grande diversité des solutions que les équipes ont développées pour y faire face – diversités qui nous imposent de regarder avec prudence toute tentative d’imposition de label ou de modèle venant du haut, d’experts en développement, de consultants powerpoint et autres vendeurs de poudre de perlimpinpin. Cette situation nous invite au contraire à inventer une manière de faire de cette diversité une force collective.
  • La diversité des situations locales va de pair avec une diversité des agendas et des temporalités (dyschronie) : tous les Fablabs n’ont pas été montés en même temps et ne sont donc pas au même stade de développement, ils n’ont pas les mêmes partenaires institutionnels ou industriels qui eux-mêmes pensent selon des calendriers différents (élections locales, mise sur le marché de tel ou tel produit, électoral ou industriel, échéances comptables…). D’où la nécessité de construire un temps commun aux Fablabs, un temps de la recherche participative, qui puisse servir de contrepoint à ces forces centripètes que sont les temporalités des institutions partenaires, et qui permette aux Fablabs qui ne sont pas tous au même stade de développement de s’intégrer harmonieusement au réseau.

Lors du Fab14 – et en amont, lors des journées ESOF – la possibilité de création d’une Fab Foundation Européenne a été évoquée. Dans cette optique, les représentants du réseau des Fablabs espagnols nous ont demandé de leur communiquer notre questionnaire afin qu’il serve de modèle pour mettre en œuvre la même démarche de Livre blanc en Espagne. Cette possibilité de construire un Livre Blanc à l’échelle européenne produit par la base nous conférerait une forte légitimité collective et nous permettrait d’entrer en négociation directe avec les autorités européennes. Nous y travaillons. Une première réunion a été programmée avec différents représentants de Fablabs européens pour l’organisation de cette Fondation.

11h40 – Retour sur la négociation avec la Région Rhône Alpes dans sa démarche de labélisation FabCity

Le FabCity Summit est un temps de célébration œcuménique qui permet d’inciter des acteurs industriels et institutionnels à s’associer au mouvement des Fablabs. Un des moments de cette célébration est la « labellisation » des Fab-Cities et des Fab-Régions. Cette labellisation, assurée par l’association FabCity, ne répond à aucun cahier des charges bien défini, comme nous avons pu incidemment nous en apercevoir. Non seulement elle ne correspond à aucun cahier des charges, elle ne dispense pas plus une véritable labellisation, mais constitue une réponse à un engagement des collectivités qui y adhérent de remplir un certain nombre d’objectifs d’ici 2054 ! En somme, il s’agit avant tout d’une démarche d’incitation qui implique un travail de formalisation a posteriori des objectifs et des moyens à mettre en œuvre pour les réaliser.

Quelques jours avant le Summit, nous (le Core, le CS) avons été contactés par un Fablab de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui nous a avertis que celle-ci avait postulé pour une labellisation et que son dossier comportait bon nombre d’irrégularités mettant en doute la sincérité de la candidature. Entre autres, certains des plus importants Fablabs de la région n’apparaissaient pas sur la carte, aucune action d’envergure n’avait été initiée par la région préalablement à la demande de labellisation, les statistiques produites étaient inexactes et présentées de manière trompeuse, le film de présentation était visiblement un document de communication initialement réalisé pour un autre événement et recyclé pour l’occasion, etc.

Nous avons donc immédiatement pris contact avec l’équipe FabCity (Tomas Diez, Kate Armstrong) pour les avertir du risque de crédibilité que constituait la labellisation de cette région sans vérification du bien-fondé de sa demande. En retour, l’équipe FabCity a soutenu notre position et a pris contact avec les représentants de la région pour leur signifier les imperfections de leur dossier et leur proposer un report de leur labellisation et une démarche d’accompagnement et de suivi des actions qu’ils vont entreprendre pour atteindre les objectifs.

S’en sont suivis plusieurs rounds de négociation par mail et par visioconférence dont on vous épargne les détails mais dont on vous livre le résultat : suite à ces discussions nous avons abouti à un compromis consistant à engager la région Au-RA à co-construire avec nous (RFFLabs) un cahier des charges pour promouvoir les bonnes pratiques et éviter les mauvaises dans les interactions entre autorités régionales et Fablabs sur leur territoire, à l’aide de nos retours d’expérience, de notre expertise et de la mémoire organisationnelle qui la constitue. Au cours de ce processus RFFLabs sera l’instance devant s’assurer du respect de ce cahier des charges.

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette expérience :

  • Nous avons réussi à inciter les autorités politiques régionales à nous considérer comme partenaires de discussion à part égale
  • Cette situation nous fait entrer officiellement dans des mécanismes de co-construction des relations entre Labs et Institutions
  • Cela nous impose de travailler en amont à la construction du Cahier des charges en vision de nos possibilités (à développer) d’en garantir le suivi et la réalisation.

Pour conclure, cette situation n’est pas exempte de risques et de difficultés (se coordonner entre Labs à l’échelle régionale et nationale, négocier des calendriers qui satisfassent toutes les parties, consacrer le temps nécessaire à la réalisation des engagements pris, etc.), mais elle est une première démonstration de notre légitimité collective et de notre valeur ajoutée. Nous devons donc poursuivre et approfondir ce travail en partenariat avec l’association FabCity, les régions et les villes labellisées FabCity ou qui désirent le devenir et les différents acteurs pertinents dans cette démarche.

QUESTIONS DE LA SALLE :

  • Dans quelle mesure Le RFF est une ressource dans la réflexion sur la protection des Fab Managers dans leur posture de salariés ?

Le Réseau national est le niveau pertinent pour mener une réflexion sur les conditions de travail des personnes impliquées dans le fonctionnement et l’animation des Fablabs. En effet, le Code du travail est valable sur le territoire et les diplômes (de FabManager par exemple) ont aussi vocation à l’être. A ce titre, les travailleurs des labs peuvent voire doivent mener une réflexion au niveau national pour construire la définition de leur profession, de ses normes et de son expertise.

Par ailleurs, seule l’appartenance à un réseau national capable d’apporter son soutien logistique, juridique, matériel et affectif permet aux travailleurs des labs de ne pas être à la merci de leurs financeurs et employeurs locaux.

Il a été décidé de monter un groupe de réflexion pour traiter toutes les questions relatives  aux conditions de travail dans les labs (fiche métier, recensement des risques psychosociaux, questions de qualité de vie au travail, compétences requises, reconnaissance titulaire et salariale, assurances et tutti quanti). Les membres de ce groupes de travail émergent sont :

Laurent Barnier (le Petit FabLab de Paris)

Kerry Gammon (Artilect)

Jean Baptiste Soubias (FacLab)

Odile Maillard (LabSud)

Matei Gheorghiu (CS)

TO DO : Faire une revue des différentes fiches de post de Fab Managers dans les Labs. // Etude des disparités, du commun. (Contacter les services de documentation et rapprochement de structure d’accompagnement à l’orientation – Fiche Rome Fabmanager ??)

 

  • Sur le fonctionnement du CS : il y a une marge de progression sur le faire savoir.
  • La salle demande et le CS s’engage à diffuser les informations sur le Mattermost et les autres canaux (les différents comptes-rendus ont été publiés régulièrement suite aux différentes actions). Les émetteurs et les destinataires reconnaissent tous un manque chronique de temps à consacrer au suivi des différentes actions. Il y a une nécessité pressante à structurer les actions en plusieurs groupes de travail efficaces.
  • Question sur les outils à mettre en place : question récurrente, des outils existent, il faut les perfectionner et il est nécessaire que chacun s’astreigne à une discipline dans leur utilisation (publications et consultations régulières, etc.)
  • Difficulté pour les Membres du CS d’expliquer aux usagers de leurs structures ou à leurs interlocuteurs quelles sont les activités du RFF / l’utilité pour leur FabLab d’y adhérer – à mesure que les enjeux organisationnels deviennent apparents (avec la montée en puissance du réseau), ces difficultés devraient s’estomper – pour laisser place à de nouveaux problèmes..
  • Appel à l’indulgence de la part des membres des différents chantiers : le travail mené est entièrement bénévole / on mène de nombreux projets et on s’engage beaucoup / il faut dans ce contexte confiance aux compétences des uns et des autres et à leur engagement à respecter leur mandat à la lettre. Si la communication en temps réel fait défaut, les différentes actions font l’objet d’un suivi et de comptes rendus et lors des rencontres nationales (comme l’AG ou l’October Make), les membres des différents chantiers rendent des comptes au réseau.
  • Les membres du réseau ne doivent pas hésiter à demander régulièrement des éléments d’informations aux personnes responsables si celles publiées sur le site, le Mattermost et la newsletter ne sont pas suffisantes.

12h12 : le CA se réunit pour élire le bureau

  • Simon Laurent élu président du RFFLabs (mandat des Beaux Boulons d’Auxerre)
  • Hugues Aubin élu vice-président (Human Lab – mandat d’usager)
  • Alexandre Rousselet (Mandat de l’Atallier FabLab Moulins – secrétaire)
  • Olivier Gendrin élu trésorier (Mandat de sympathisant)

(Remerciements à Kevin pour tout son travail)

Simon :

  • Cette année l’objectif n°1 est de trouver de l’argent pour financer un salarié
  • On se retrouve à October Make qui sera organisé cette année par le Fablab de Caylus dans le Quercy.
  • Félicitations à toutes les équipes qui ont organisé les FabLabs Distribués = première action collective du réseau. Gros challenge et brillant succès

Open Space Maker – Projet porté par le CNES qui a donné un financement au RFFLabs pour participer à une étude de besoin des Makers vis-à-vis de l’Open Source dans le spatial. Budget entrant 24k€, charge salariale sortante : 15 à 18k€, frais de mission : 3 à 5k€ // 2/3k€ net pour RFFLabs au final.

Hugues :

  • Des liens forts ont été créés et de petits villages sont devenus des cœurs de réseau sur des thématiques et le réseau serait prêt à y revenir. Possibilité de lancer une réflexion sur le fait de réitérer ce type d’évènement.

Alexandre :

  • Nous avons eu la bonne surprise de voir le lundi 16 Juillet sur la scène principale de FAB14 à Toulouse la candidature portée par le réseau des fablabs d’Europe du Sud Est pour organiser le Fab18. Ces derniers ont vécu l’expérience des Fab Distribués en France en région et furent inspirés par le concept. Ils proposent un format similaire avec FAB18 Distributed dans les pays d’ex Yougoslavie (et voisins). Dans cette dynamique nous avons été sollicités pour savoir si nous pouvions être des partenaires potentiels pour les aider dans l’organisation de FAB18.
  • Nous n’y voyons pas d’inconvénient particulier, toutefois dans un souci d’égalité, le RFF s’offre jusqu’à Janvier 2018 pour produire un « cahier des charges » du bon Fab Distribué Nous transmettrons nos recommandations à la FabFoundation afin qu’ils prennent connaissance et comprennent l’importance de ce format d’événement. Et ainsi leur permettre ensuite de le transmettre à chacun des pays souhaitant candidater sur un FabX.   (Un travail qui sera mené par Léa Floury, Thomas Sanz et Alexandre Rousselet).

Après ces intenses discussions et au terme de cette année trépidante, toute l’Assemblée se réjouit de pouvoir prendre un peu de repos en regrettant toutefois de ne pouvoir trinquer avec l’ensemble des membres du réseau IRL. Les verres qui ont suivi ont été levés à la santé des absents qui n’ont pas forcément tort.

Photos : Romain Angiolini

Scribing : Pascaline Liard

RFFLabs – Assemblée Générale 2018 

Après une année rythmée par l’organisation de Fab14 et par la constitution de nouveaux partenariats, l’assemblée générale du Fablab se déroulera le 

21 Juillet de 9h30 à 12h30
Centre des Congrès Pierre Baudis, Toulouse
Salle Cassiopée – Durant le Fablab Festival

L’assemblée générale s’adresse à la fois aux adhérents du RFF mais également à l’ensemble des fablabs nationaux. Cette assemblée générale sera l’occasion de faire le point sur l’ensemble des actions entreprises cette année et de discuter des orientations futures. 

Ainsi si l’assemblée générale est ouverte à l’ensemble des makers et fablabs, seuls les adhérents à jours de leur cotisation auront un droit de vote sur les différents points. 

Ordre du Jour 

  • Rapport moral, 
  • Rapport financier, 
  • Modifications du RI 
  • Élection des nouveaux administrateurs
  • Informations
  • Événements 2017 
  • Projets 2018


Contactez nous (contact@fablab.fr)

Partenariat Usbek & Rica sur FAB14France

Il y a un an, durant le FabFestival 2018 nous avons définit 2 objectifs précis dans le cadre de l’organisation de cet événement.

  1. Mailler les réseaux de fablabs (locaux à internationaux)
  2. Sensibiliser le grand public.

Pour répondre à ce second objectif; profiter de la médiatisation de l’événement est une bonne manière de faire la lumière sur les fablabs en France.

Cette couverture médiatique locale, nationale et internationale est importante à saisir et c’est pourquoi nous avons contacté plusieurs média nationaux.

« Après 18h39 Castorama, Usbek & Rica nous rejoignent et couvriront médiatiquement notre aventure

Les bonnes nouvelles continuent puisque qu’après 18h39, c’est le média numérique Usbek & Rica qui nous a répondu favorablement. En effet, ces derniers souhaitent mettre en avant #Fab14France ainsi que les différents aspects du réseau français des fablabs sur leur plateforme dans la continuité de leur ligne éditoriale qui se veut “tournée vers le futur.”

Nous allons donc avoir sur le site internet Usbek & Rica, un espace dédié, dans lequel nous aurons carte blanche quant aux contenus que l’on y placera. L’objectif est de profiter de cette visibilité pour montrer différentes réalités du mouvement français de fablabs ce qui permettra de mettre en lumière notre force capacité à être tournée vers l’avenir.

Nous nous lancerons dans cette aventure avec une série de trois articles dont nous pouvons à présent vous donner les thèmes :

  1. Mer, terre ou rivière : quand les fablabs partent à l’aventure
  2. Quand les fablabs s’installent dans des lieux inattendus
  3. L’espace, le nouvel eldorado des makers

Si vous avez des idées pouvant nous aider à créer ces contenus ou des idées de thématiques, s’inscrivant dans la ligne éditioriale de Usbek et Rica et qu’il vous semble intéressante de développer dans le cadre de cette plateforme, n’hésitez pas à nous contacter à cette adresse e-mail et nous nous ferons une joie de prendre connaissance de votre contenu.


–> Contactez nous (cm@fablab.fr) <–

October Make –> Appel à candidature

L’année passée, vous avez été nombreux à venir à notre première édition #OctoberMake qui a eu lieu à Moulins et fût organisée par les makers du Fablab “Atallier”

Ce séminaire est annuel, il est sur 3 jours et il se veut itinérant. Il offre la possibilité, chaque année, à nos communautés d’aller à la rencontre des espaces collaboratifs que nous créons chacun sur nos territoires. De plus, c’est l’occasion pour nous tous de faire un point d’étape entre chaque Fablab Festival qui nous rassemble depuis plusieurs années à Toulouse au printemps.

 » #OctoberMake, la rencontre annuelle du réseau français des fablabs, sans machine ni public « 

Lors de cette 1ere édition, plus d’une cinquantaine de personnes issues de différents FabLabs du réseau se sont retrouvées à Moulins pour échanger autour de questions diverses, se rencontrer, et se connaître.

 » #OctoberMake motto: Lier, Structurer, Coordonner « 


Rappelons que l’un des rôles 1er de notre association consiste à créer du lien entre fablabs au niveau national. Une telle rencontre est au cœur même de notre activité.  

Les missions du Réseau Français des Fablabs ainsi que l’augmentation du nombre de ses membres, rendent nécessaire le besoin de se retrouver à un autre moment dans l’année que durant le fablab festival et autres événements qui rythme la vie des makers Français (OBC, MakersFight, MakerFaire,…).

Dans la continuité de cette première édition, nous souhaitons naturellement en 2018, organiser un nouveau séminaire #OctoberMake.

« Nous recherchons activement un Fablab volontaire pour organiser cette rencontre du réseau. »

Dans ce cadre, l’Atallier Fablab Moulins, fort de l’expérience précédente, se tient prêt à accompagner l’organisation de cette seconde édition à vos côtés.

Vous êtes intéressé à l’idée de participer à la vie de la communauté RFF par l’organisation d’un tel rassemblement:


–> Contactez nous (cm@fablab.fr) <–

Partenariat avec 18h39 (Castorama) sur FAB14 France

Il y a un an, durant le FabFestival 2018 nous avons défini 2 objectifs précis dans le cadre de l’organisation de cet événement.

  • Mailler les réseaux de fablabs (locaux à internationaux)
  • Sensibiliser le grand public

Pour répondre à ce second objectif, profiter de la médiatisation de l’événement est une bonne manière de faire la lumière sur les fablabs en France.

Cette couverture médiatique locale, nationale et internationale est importante à saisir et c’est pourquoi nous avons contacté plusieurs médias nationaux.  

18h39, le magazine spécialisé de Castorama, nous a répondu favorablement et dans le cadre de FAB14France désire réaliser une série de portraits de makers et makeuses français.

Ce média souhaite faire connaître le mouvement maker au grand public (majoritairement cible familiale) et vise au travers de ces articles, donner envie de se rendre dans les fablabs, afin d’y réaliser des projets.

« Vous utilisez le fablab pour fabriquer, aménager et customiser votre intérieur ou Jardin ?

Racontez nous votre expérience du fablab »

Au-delà de l’intérêt certain du RFF pour l’idée de mettre un coup de projecteur sur #FAB14France, cette demande est l’occasion de sensibiliser à l’importance du fablab dans la vie de tous les jours.

Plus précisément, ils recherchent des femmes et des hommes fréquentant des fablabs et ayant un profil atypique, un parcours étonnant ou encore étant à l’origine d’invention surprenante.

Si vous vous reconnaissez dans ces profils, contactez nous à l’adresse mail suivante, nous nous ferons une joie de prendre le temps de discuter avec vous afin de vous mettre en relation avec 18h39.


–> Contactez nous (cm@fablab.fr) <--

Communication de RFFLabs pour la « Mission Coworking – Tiers Lieux » du Secrétariat d’État à la Cohésion des territoires

Notre organisation – RFFLabs (en bref)

  • Date de fondation : déclarée au JORF le 19 janvier 2016
  • Composition : les adhérents peuvent être des personnes physiques, des associations, des entreprises, des laboratoires de recherche, des collectivités territoriales…
  • Bureau : Olivier Ballerini-Gendrin (président), « l’Atelier des beaux boulons », représenté par Simon Laurent (Vice-président), « Albilab », représenté par Kevin Mazars (trésorier), « LabSud », représenté par Pascal Kuczynski (secrétaire)
  • CA : 12 membres, 8 élus par le collège des FabLabs, 2 par le collège des Usagers, 1 par les Projets de FabLabs, un par les Sympathisants.
  • 4 Collèges : Fablabs – Usagers – Projets de FabLabs – Sympathisants
  • Membres (nombre) : 98, dont 60 FabLabs sous des formes juridiques diverses
  • Calendrier des futures échéances
    • Fab14 du 11 au 20 juillet,
    • AG le 21 juillet
    • OctoberMake chaque année en octobre
    • La Nuit des FabLabs, en cours de montage
  • Relations avec d’autres institutions publiques :
    • FabLab intégré à une université (ex. FacLab)
    • Association avec des Universités dans des projets de recherche type Labex (ex. le Dôme à Caen au sein du projet Téthys)
    • Des Conseils Généraux (ex. 3 Fablabs de la Nièvre sont portés par le CG…)
    • Des agglomérations ou des villes (ex. à Auxerre, « l’Atelier des beaux boulons » adossé au tiers lieu « Les Riverains »)
    • (…)
  • Relations avec des institutions : différentes conventions et partenariats signés au niveau national avec diverses associations, et de nombreuses formes de coopération au niveau local (CANOPÉ, Petits Débrouillards, Ligue de l’enseignement…)
  • De même en ce qui concerne les entreprises (Airbus, Michelin, Orange, MAÏF, La Poste…).
  • Relations avec le réseau émergent des Fablabs européens à travers le programme Vulca

Des informations complètes basées sur une enquête auprès de l’ensemble des membres de l’association et d’autres Fablabs non adhérents seront publiées dans le Livre Blanc produit par l’association à paraître à l’automne.

 

Notre vision de ce qu’est un Fablab

Une définition dépendante des enjeux locaux donc au cas par cas, mais de manière générale :

  • Une plate-forme de traduction et de transfert d’activités et de savoirs entre institutions de formation, monde de l’entreprise et collectivités territoriales concernant les besoins quotidiens des acteurs de l’environnement proche, qu’ils soient individuels ou collectifs, publics ou privés.
  • Un espace de mutualisation des outils, des locaux, des bonnes pratiques pour les TPE/PME/PMI locales, en partenariat bien sûr avec d’autres acteurs significatifs à l’échelon local, selon les cas (chambres consulaires, instituts de formation, coopératives…)
  • Un plateau de prototypage et d’expérimentation adossé le cas échéant selon les situations les ressources et les besoins territoriaux à des ateliers de production en série.
  • Un lieu de socialisation permettant de favoriser, sur un territoire, l’émergence de réseaux sociotechniques et un usage responsable et pragmatique des technologies, une culture professionnelle partagée et des espaces de régulation et d’arbitrage légitimes, en partenariat avec les compagnies d’experts judiciaires, de monde de la recherche et de l’enseignement, les organisations professionnelles, les autres acteurs judiciaires et les assureurs.

Deux remarques :

  1. les Fablabs, aujourd’hui phénomène de mode, se développent dans des contextes très différents. Un critère important de distinction est à établir entre les Fablabs urbains, en particulier ceux implantés dans des agglomérations dynamiques, offrant de multiples partenariats possibles avec divers acteurs, où différentes structures éventuellement spécialisées peuvent coexister, et les Fablabs ruraux, devant faire face à d’autres types de défis (concentration des activités, difficultés de financement…). Le Livre Blanc approfondira in extenso ces questions et cette distinction.
  2. Les Fablabs, structures à vocation collaborative, organisés en réseau, ne sont pas tous nés le même jour, et peuvent se développer, voire disparaître, à des rythmes différents. Le réseau prend en compte cette asynchronie constitutive de la situation qui justifie en partie l’importance d’une structure de partage de ressources, de bonnes pratiques et d’expertise non standardisante et décentralisée.

 

Nos objectifs

  • Contribuer à structurer et animer la communauté à l’échelle nationale, grâce au recensement et à l’étude des situations locales, de leurs points communs et de leurs différences
  • Favoriser le partage des bonnes pratiques et leur déclinaison / adaptation locale
  • Prendre acte de l’intérêt et de la justification des différences de structure, d’organisation et de partenariats en fonction des situations afin d’assurer une coordination fine et non centralisée
  • Élaborer en tenant compte de ce qui précède le bon niveau d’objectifs communs et de biens, services et pratiques mutualisées, par exemple des modalités pratiques de recrutement, d’évaluation, de certification, d’assurance, mais aussi des questions d’achats groupés de machines, consommables, fluides, etc.
  • Défendre les intérêts de la communauté lorsqu’un niveau d’intervention et de coordination national s’avère nécessaire,
  • Favoriser la mobilité professionnelle entre membres de la communauté,
  • Éviter le risque d’enclavement des membres des fablabs isolés et dépendants du contexte local
  • Faciliter le transfert des capitaux (biens, documentation, adhérents) entre fablabs dans le cas de la disparition d’une structure
  • Construire une base documentaire et une expertise collective reconnue (culture professionnelle) dans les sujets concernant la communauté, techniques, économiques et socio-politiques

 

Nos alertes sur les risques organisationnels

  • Instrumentalisation politique partisane
  • Exploitation du bénévolat & appropriation individuelle du travail collectif
  • Multiplication des investissements inutiles et autres éléphants blancs (3 fablabs par habitant) et passagers clandestins
  • Labellisation top-down qui risque de créer des coquilles vides et du « Fabwashing »
  • Épuisement des animateurs bénévoles et désengagement de la communauté
  • Sabordage du mouvement (pression à la conformité, défaut d’assistance organisationnelle et juridique, absence de prise en compte des spécificités locales et de la sensibilité technique des animateurs du réseau pouvant conduire à l’éclatement de la communauté) et dispersion des acquis collectifs qui ne demandent qu’à se mettre au service de l’intérêt général

 

Notre valeur ajoutée

Distincte de la « French tech » et complémentaire des pôles de compétitivité, la valeur ajoutée des fablabs organisés en réseau au sein de RFFLabs présente un certain nombre d’avantages évidents au niveau micro-méso mais aussi au niveau macro. La communauté de RFFLabs constitue :

  • Une communauté bien structurée, mûre, au niveau d’interconnaissance et de collaboration élevé et ayant fait preuve de sa capacité organisationnelle (Fab14, FabCity, FabFestivals…) à l’échelle nationale depuis plusieurs années. Organisation connue et reconnue, potentiel de mobilisation légitime de nombreux acteurs sur tout le territoire.
  • Un lieu de révélation des talents locaux, re-mobilisation des travailleurs et valorisation de savoir-faire « discrets », action de promotion des pratiques et des cultures techniques
  • « Objet frontière » permettant d’expérimenter de nouvelles formes de formation et d’engagement au travail collectives et individuelles, associant solidarité et adaptabilité, grâce à la mise en place de conditions de socialisation professionnelle, et des conditions d’institutionnalisation d’une solidarité et de protections sociales robuste permettant de faire face aux défis de l’ubérisation, de l’éclatement des structures de solidarité établies et du marché mondialisé
  • Un potentiel d’innovation et d’adaptations locales de produits standardisés à l’échelle mondiale, l’accompagnement de l’émergence de micro-usines de quartier, favorisant la relocalisation de la production et le développement et le maintien des savoir-faire locaux
  • Une capacité de renforcement de l’autonomie des territoires sans négliger les relations avec les institutions collectives de grande échelle (nationales, continentales, mondiales) grâce au réseau
  • Une alternative au mode de plus en plus critiqué de gestion dominant de l’innovation par concours, appels d’offres obscurs à la légitimité contestée, et autres « foires à l’innovation », alternative applicable dans certains cas de figure, en particulier à l’échelle locale
  • Un centre de documentation et d’expertise permettant à la fois de capitaliser et de partager les expériences mais aussi de construire la légitimité et l’acceptabilité sociale des usages techniques et de l’expertise, par le biais, entre autres, de formalisation de procédures de formation et de valorisation des acquis de ces formations et expériences
  • Une dynamique de promotion de la médiation et diminution, dans la mesure du raisonnable, les recours contentieux par la prévention
  • Une capacité, de par la diversité de la composition technique, sociale et éducationnelle du réseau, à envisager et à participer à une structure de gouvernance multipartite dans le cadre d’une organisation territoriale des tiers lieux

 

Nos demandes et propositions

  • Reconnaissance officielle du caractère d’intérêt général de l’association et des FabLabs en général
  • Promotion des actions mises en place par les différents membres du réseau (par exemple la labellisation « Grande école du numérique » des dispositifs de Co-dev…)
  • Mise en place d’un système d’assistance financière à la stabilisation du fonctionnement administratif du réseau national et des antennes locales (XX eq.tp + frais de fonctionnement) + financement du support juridique et organisationnel pour la formalisation
  • Adossement du livre blanc sur les Fablabs à la prochaine version du rapport (livre blanc livrable en septembre 2018)
  • Aides en matière de communication institutionnelle (genre organisation de séminaire à Bercy à l’adresse des agents de fonction publique centrale, organisation d’un séminaire pour les maires de France, pour les chargés de développement numérique des conseils généraux et régionaux…) et pérennisation (modulable) des aides en matière d’organisation des événements annuels du réseau type OctoberMake, FabFest et Nuit des Fablabs
  • Mise en place d’un crédit d’impôt innovation à l’adresse des TPE/PME qui auraient recours aux services ou aux outils dans les Fablabs
  • Facilitation des engagements en service civique / service national dans le cadre des Fablabs
  • Mise en place d’un système de mécénat / financement par les grandes entreprises en échange d’actions de formation, d’accompagnement ou d’une forme innovante d’appels d’offres au sein du réseau – possibilité de mettre en place une sorte de taxe ou droit d’auteur sur les produits réalisés dans le cadre d’un Fablab
  • Possibilité de dépenser son compte individuel de formation dans des actions de formation dispensées dans les fablabs avec émission d’une qualification professionnelle (Grande École du Numérique, Open Badges … cf. Fab+ Education)

 

Par :

  • Olivier Ballerini-Gendrin (Président)
  • L’Atelier des Beaux Boulons représenté par Simon Laurent (Vice-Président)
  • Matei Gheorghiu (Comité Scientifique)

Compte rendu de la participation du RFFlabs aux Etats Generaux du Numérique

Tout commence par une introduction

Les 9 et 10 mars derniers se tenaient, au siège du Parti Communiste Français (PCF), les États Généraux de la Révolution Numérique (EGRN). Parmi les différentes conférences et tables rondes qui y étaient proposées, l’une d’entre-elles était consacrée à la présentation du Réseau Français des FabLabs et de Fab14. Cet article a pour objectif de présenter un compte-rendu des différents propos tenus durant cette table ronde. Les débats étaient animés par Yann Le Pollotec, responsable des questions numériques au sein du PCF. 

Pour représenter le réseau :

  • Matei Gheorghiu : sociologue spécialiste des organisations émergentes, membre du Conseil Scientifique du RFFlabs, jardinier bricoleur.
  • Thomas Sanz : géographe, membre de l’équipe communication du RFFLabs pour l’évènement Fab14 Distributed.

Les autres participants :

  • Laurence Allard, sociologue des usages numériques, enseignante à Lille 3 et chercheuse à Paris 3-Ircav, co-fondatrice de l’association Citoyens Capteurs, animatrice de la commission Makers Debout à Nuit Debout, en résidence au Carrefour Numérique de la Cité des Sciences.
  • Nicolas Bonnet, Conseiller de Paris, adjoint au maire du 12e arrt.  

Des fablabs au cœur d’une « bataille pour le territoire »

La table ronde a été l’occasion pour les différents intervenants de présenter leurs visions de l’objet Fablab et de sa place dans la société. Nicolas Bonnet a ouvert la table ronde. 

Pour lui, le Fablab est l’occasion de réintroduire la production manufacturière dans la ville, de rendre honneur aux travailleurs et de freiner le mouvement de gentrification qu’ont connues les grandes agglomérations ces 20 dernières années. Cette réintroduction doit ainsi permettre de dynamiser les territoires, d’amener une transformation des pratiques et des modes de production, de produire localement et de diminuer l’impact carbone et la dégradation de l’environnement en favorisant les circuits courts et en sensibilisant la population aux enjeux industriels. 

Ensuite ça a été le tour du Réseau Français des FabLabs.

Nous avons commencé en rappelant que nous allions exposer une représentation schématique de la réalité. En tant que telle, elle était une simplification et ne pouvait pas rendre justice à la diversité du mouvement. Nous avons ensuite abordé successivement 3 aspects du Fablab : le Fablab vécu du dedans, le Fablab situé dans son écosystème et l’événement Fab14 / FabCity Summit. 

Vu de l’intérieur, le Fablab est tour à tour lieu de formation, lieu de socialisation et lieu de production pour une communauté. Les Fablabs sont aussi divers qu’il existe de situations locales, et ils répondent toujours aux besoins des communautés qui les ont fondés et qui les portent. Vu de l’extérieur cependant, le Fablab est une nouveauté organisationnelle à la mode qui éveille les appétits de nombreux acteurs (industriels, politiques, individuels ou associatifs) mais qui est encore dépourvue d’une assise institutionnelle solide. Nous avons insisté sur l’idée selon laquelle cette tension entre diversité et appel à la standardisation (à « trouver un business model ») ne devait pas aboutir à imposer des solutions managériales top-down, mais au contraire permettre à chaque situation locale de se déployer dans toute sa richesse tout en évitant les doublons et la mise en concurrence. 

C’est à ce niveau qu’intervient le Réseau pouvant servir d’interface et de membrane de protection au collectif vis-à-vis des interlocuteurs institutionnels publics et privés, et dans l’autre sens pouvant aider le mouvement à se coordonner en interne à l’échelle du territoire. C’est dans cette optique que nous avons présenté la forme décentralisée de la 14ème édition FABX autour de 7 thématiques : Agrofood, Écologie, Économie, Éducation, Énergie, Mobilité, Recherche et Solidarité. La particularité de cette 14e édition correspond à la vision du Réseau Français des FabLabs qui est d’accompagner autour d’une même dynamique tous les fablabs français en capitalisant sur la diversité de leurs territoires d’inscription et de leurs centres d’intérêt.

Ce fut ensuite le tour de Laurence Allard

Pour elle, les fablabs sont des lieux qui permettent en théorie de mettre entre parenthèses nombre de conventions et de frontières sociales et cognitives, grâce à l’approche par le faire-ensemble. Par les pratiques collectives de déconstruction, de réparation et de création qu’ils rendent possibles, les Fablabs facilitent les échanges, la capacitation et la réappropriation des objets techniques qu’on avait l’habitude de laisser vivre leur vie et qui souvent nous imposaient leur rythme, à travers des pratiques commerciales comme l’obsolescence programmée. 

Mais cet objectif ne se réalise pas tout seul : les machines sont difficiles d’accès et les Fablabs risquent de devenir rapidement des repaires pour passionnés de technologie, en laissant sur le côté de la route les concitoyens les plus fragiles. Les animateurs de ces lieux doivent faire des efforts particuliers d’intégration en direction des membres des catégories défavorisées pour que les Fablabs jouent à plein leur rôle social. Pour illustrer ces pratiques, Laurence Allard a pris l’exemple d’un projet réalisé dans le cadre du Fablab du CRI, consistant à inviter les habitant·e·s d’une cité du XVIIIe arrondissement à réaliser au sein du Fablab un compteur électrique et un détecteur de pollution. Ce projet a été l’occasion de désacraliser la technologie, de bâtir des liens entre le Fablab et le territoire et d’ouvrir des portes aux habitant·e·s vers de nouvelles possibilités d’actions collectives.

A la suite de ces interventions, la parole a été donné à la salle. Les questions posées ont été l’occasion pour les intervenants d’ajouter des précisions à leur vision du fablab et de faire ressortir différentes réflexions intéressantes sur les fablabs. 

L’une d’entre elles a porté sur le rapport industrie/fablabs. Actuellement la ville de Paris connaît un processus de gentrification impliquant l’éloignement des classes les plus pauvres. Réintroduire la fabrication dans les villes au moyen des fablabs permettrait d’amener une production de richesse par et dans la ville, dans un objectif plus large de relocalisation de la production. Cette représentation des Fablabs comme de futures mini-usines urbaines, permettant de tout produire localement a été proposée par Nicolas Bonnet. Laurence Allard a rappelé en réponse que production locale ne signifiait pas forcément autoproduction intégrale. Si les fablabs permettent certes l’autoproduction, les machines n’ont pas des possibilités infinies et les individus ont aussi d’autres centres d’intérêt et obligations. Il paraît donc peu réaliste d’envisager une autoproduction de biens à 100%.

A la suite, il y a eu une question sur l’impact des fablabs. Pour Laurence Allard, les membres des Fablabs ne peuvent réaliser seuls le potentiel de transformation : ils s’inscrivent dans un écosystème local connecté au vaste monde par différents biais. C’est dans ce sens qu’avec Matei nous avons souligné l’importance d’un organe de coordination, le Réseau Français des FabLabs, qui peut servir d’espace de coordination, d’amplification des actions entreprises et de courroie de transmission entre différents lieux. Aujourd’hui, divers intérêts s’expriment à l’égard des Fablabs, comme l’atteste l’invitation du PCF, mais aussi les attaques comme l’incendie de la Casemate ou encore la mobilisation de la thématique du numérique dans des mots d’ordre productivistes comme « la Start-up nation ».  De fait, différents groupes d’acteurs cherchent à s’appuyer sur le mouvement des Fablabs pour faire avancer leur agenda politique dans les territoires, et c’est en cela que le Fablab est, sous ses diverses formes, une ligne de front où s’articulent différentes forces sociales et idéologies. 

Bilan

Si nous avons au cours de cet échange essayé de présenter le plus fidèlement possible la vision du Réseau, il est certain que personne n’a le monopole dans la construction du modèle du Fablab, et c’est peut-être ce qui constitue une des richesses de ce mouvement. La composition du public le souligne, puisque les personnes concernées étaient des personnes qui avaient déjà eu un premier contact avec les fablabs, et qui venaient pour mieux comprendre ce qu’était le fablab. Cela renvoie à l’objectif du Livre blanc qui est de présenter un état – actuel – du fablab en tant que lieu et des fablabs en tant que mouvement.

Que ce soit au travers de nos interventions ou celles des autres acteurs, il apparaît que le mouvement fablab ne peut se considérer en dehors du champ politique, du fait de son impact potentiel sur le territoire. Nous avons rappelé qu’il était hors de question pour le mouvement de s’impliquer dans la politique partisane, et que les Fablabs cherchaient individuellement et collectivement à sauvegarder leur indépendance, pour garantir l’égal accès de tous et éviter l’instrumentalisation. Mais cela ne nous empêche pas d’avoir conscience du caractère inévitablement politique de l’action publique collective qu’est un Fablab, et des tensions que cela peut générer. Ce qui souligne le rôle du RFFlabs comme chambre de compensation de ces tensions au niveau local et national.

Entrevue croisée – commencer à apprendre dans un fablab

Le passage de simple visiteur.e à maker.e est déterminant dans la vie d’un fablab. L’individu maker en apportant ses connaissances, son dynamisme et sa vie est ce qui fait la richesse d’un fablab, peut-être plus que les machines et l’équipement que l’on y trouve. C’est pourquoi, le RFFlabs, pour cette seconde newsletter, a décidé de s’intéresser, à ce moment clef dans la vie du futur maker.e et de la communauté. Pour mieux comprendre ce qui est en jeu, nous sommes allés poser trois questions à deux chercheur.e.s en Sciences Humaines et Sociales spécialisé.e.s sur la question des fablabs. Voici ce qu’il est en est ressorti. 

Evelyne Lhoste – chercheure en socio-anthropologie au Laboratoire Interdisciplinaire Sciences, Innovations, Sociétés (Lisis) à l’université de Paris-Est-Marne la Vallée.

Matei Gheorghiu  – sociologue spécialiste des organisations émergentes, membre du conseil scientifique du RFFlabs, jardinier bricoleur.

RFFlabs : Comment se fait le passage de simple visiteur.e à membres ?

E: Les communautés de makers sont des communautés de pairs. On y entre par co-optation après avoir acquis une certaine expertise par auto-formation. Les pairs s’entraident en partageant leurs connaissances et savoir-faire. Ils s’investissent dans un projet collectif, le fablab, et dans leurs projets individuels. Il y a quelques années, la construction d’une imprimante Reprap personnalisée représentait un rite d’entrée dans la communauté. Ces pratiques autodidactes ne sont pas à la portée de tous. Ceux qui sont moins habiles ou moins passionnés doivent être accompagnés. Des fablabs ont développé des savoir-faire issus de l’éducation populaire pour laquelle le transfert de connaissances porte une visée émancipatrice, individuelle et collective, voire de transformation de la société. Certains organisent des parcours d’initiation en plusieurs étapes : 1. visite découverte avec présentation des fablabs et démonstration de fabrication, 2. atelier dirigé d’une journée pour réaliser un (petit) projet personnel, 3. Implication dans un projet collectif. 

M: Un Fablab est en même temps un espace ouvert au vaste monde par le biais du réseau dans lequel il s’inscrit, et une forme de solidarité émergente en réponse à des besoins locaux. Les personnes qui l’ont fondé et qui l’animent partagent fréquemment des expériences collectives antérieures. L’intégration de nouveaux venus dans le collectif ne suit pas forcément un schéma standard et se fait au fil de l’eau, au gré des rencontres. Il peut prendre plusieurs formes: lorsqu’on visite pour la première fois et que rien ne nous intéresse, on ne revient pas, et l’histoire s’arrête là. Si on s’arrête c’est que quelque chose a arrêté notre attention, a suscité notre intérêt. Et si notre intérêt est éveillé, on va revenir, participer, partager. On fait l’expression d’un besoin auquel la communauté va être capable ou non de répondre. C’est la manière dont on exprime le besoin et la manière dont la communauté y répond qui va déterminer la suite de notre engagement : 

  1. Si nous sommes capables d’exprimer ce besoin d’une manière acceptable pour la communauté (si on ne casse pas les pieds à tout le monde) et que la communauté est capable et a envie d’y répondre, on repart avec son besoin satisfait, et soit on a un comportement de consommateur, et on ne revient que si le besoin se fait de nouveau sentir, auquel cas, on paie pour ne rien devoir à personne, soit on a un comportement de compagnon et on revient pour participer en aidant d’autres à résoudre leurs problèmes, et là on est pratiquement membre de fait, sinon de droit. 
  2. Si on n’est pas capable d’exprimer son besoin de manière à susciter l’attention de la communauté ou que la communauté n’est pas capable de répondre, soit on s’en va insatisfait, auquel cas le problème ne se pose plus, et on ne sera jamais membre, soit on reste et on essaie de trouver une solution avec l’équipe malgré tout, auquel cas nous voici membre de fait, tant que personne ne décide qu’il en a marre et mette sur la table le sujet de l’expulsion du nouveau venu vs son propre départ. 

 

RFFlabs : Quelle place pour les projets dans l’apprentissage/ [l’acquisition de connaissance] dans un fablab ?

E: Les projets individuels permettent de développer des connaissances en concevant l’objet de son choix : se fabriquer un vêtement connecté ou inventer une machine à dessaler l’eau. Certains individus recherchent des personnes pour les aider au-delà des conseils d’experts. Ils doivent alors accepter de partager leurs idées et parvenir à enrôler durablement ces partenaires. A ce titre, Myhumankit est exemplaire. La plupart des projets collectifs sont initiés et coordonnés par des fabmanagers pour répondre à l’objectif stratégique d’un fablab. Par exemple, des centres de culture scientifique et technique conçoivent des projets avec des organisations (mission locale, associations, entreprises sociales et solidaires, établissements d’enseignement…). Ils réunissent dans le fablab des individus aux compétences variées autour d’un objectif commun à visée sociale et/ou environnementale. Parfois des usagers apportent leur savoir d’expérience. Chaque participant a aussi un objectif personnel : fabriquer un objet qui lui soit utile, acquérir des connaissances techniques ou transversales, éduquer des jeunes, développer un projet territorial… Le résultat ne constituera pas forcément une innovation technique, peu de participants deviendront des experts des technologies numériques, et rares seront les makers passionnés. Mais des connaissances sont produites et circulent entre les participants. La répétition des projets permet de construire la confiance entre partenaires, et de développer des connaissances communes. 

M: La seconde question est encore plus simple et double à la fois : d’abord, selon moi, il n’y a aucun apprentissage individuel ou collectif possible en dehors d’un projet (si on admet que l’apprentissage par cœur de normes et de codes n’est qu’une composante mineure du processus d’apprentissage) ; ensuite, un projet est l’occasion d’apprentissages croisés et multiples, qui prennent place à différents niveaux.

  1. On peut penser à l’apprenti qui apprend à mieux maîtriser un outil, une technique, un art, au cours d’un projet qu’il doit réaliser avec l’assistance ou sous la surveillance d’un expert.
  2. On peut aussi penser à l’expert d’une technique qui apprend à comprendre la manière singulière de se former de chaque apprenti, et à adapter sa pédagogie en fonction de chaque situation.
  3. On peut encore penser à l’apprentissage d’un collectif des différents comportements à encourager et à proscrire pour renforcer l’envie de chacun de continuer à faire partie de ce collectif et de faire des efforts pour mener à bien les objectifs communs.
  4. On peut enfin penser à l’apprentissage de tous les acteurs de l’environnement proche qui découvrent l’existence d’un projet collectif et qui apprennent à interagir avec lui.

Pour conclure, tant que le Fablab reste un lieu ouvert sur l’environnement proche et connecté au réseau mondial, il ne peut qu’être une scène d’apprentissage permanent à de multiples niveaux.

RFFlabs : Quel positionnement pour les fabmanager.e.s dans ce passage

E: Le titre de fabmanager recouvre de multiples fonctions et compétences qui devraient être réparties entre différents membres de la communauté du fablab, salariés ou bénévoles.  Les fonctions de médiation et d’intermédiation sont stratégiques pour l’ouverture des fablabs. La médiation procède d’un accompagnement qualifié et de proximité des visiteurs individuels ou en groupe dans le but d’en faire des makers. La notion d’intermédiation reconnait que chacun est porteur de savoirs. Elle rassemble les activités qui permettent aux membres d’un projet collectif, makers et non makers, d’opérer un déplacement les uns vers les autres et de construire un langage partagé. Les collaborations entre organisations doivent être organisées, les projets coordonnés, les tensions régulées, les fêtes organisées et les structures qui permettront de capitaliser sur ces expériences mises en place. Si l’ouverture est une priorité pour un fablab, c’est à la structure porteuse de définir les missions stratégiques correspondantes et de les confier au groupe fabmanager.

M: A titre personnel, j’éprouve une certaine gêne à l’égard de ce statut, et de ce qu’il implique comme conception du commun qu’est un Fablab. Il me semble que la notion de Fabmanager est une rémanence, un tantinet archaïque, du paradigme industriel qui s’est péniblement établi comme norme scientifique d’organisation du travail entre la fin du 19e siècle et le milieu du 20e, avec les conséquences qu’on lui connait. A lire d’ailleurs les intitulés de postes de Fabmanager, on ne peut qu’être frappé par l’incalculable nombre de compétences requises, nombre inversement proportionnel en général à la rémunération proposée. Je trouve étonnant qu’à l’heure de la conception et de la fabrication en P2P on soit encore obligés de reproduire dans ces espaces d’avant-garde du changement social une forme d’organisation pyramidale, chapeautée et incarnée par un Manager, aussi Fablabiste soit-il. Disons qu’il faudrait distinguer ici deux aspects de cette figure, le « Fabmanager idéal » qui serait comme le sage sur la montagne, capable par sa seule présence et l’énoncé laconique de quelques dictons zen de révéler à chacun et à tous le meilleur chemin à suivre dans une situation donnée, et le « Fabmanager statutaire » qui sera plus vraisemblablement coincé entre l’enclume de l’administration, de la comptabilité, de la gestion quotidienne et le marteau des demandes incessantes de la communauté, ce qui ne laisse pas présager une disponibilité psychique suffisante pour mener à bien toutes les actions d’animation et de construction de communauté qu’on semble vouloir lui confier. Pour le dire simplement : le fabmanager pédagogue et le fabmanager comptable sont deux figures difficilement conciliables et il va falloir que le Réseau se creuse pas mal les méninges pour proposer une alternative, et que les interlocuteurs institutionnels soient suffisamment souples pour comprendre et accepter cette situation. 

Si ce qui précède a fait écho à votre expérience ou que vous avez un avis sur la question, n’hésitez pas à participer sur le forum : ici

MakerFight – Mulhouse – 3e edition

Lumière sur la 3e édition du très attendu combat de robots « Maker fight » organisée par l’association Technistub du côté de Mulhouse qui aura lieu le 21 Avril 2018 dans lequel Pousser, Retourner, Taper, Tronçonner… Tous les coups sont permis (ou presque).

Mais que se passe-t-il à cet événement ? 

Des combats de robots, des ateliers de bricolages 2.0, des cosplays, des ateliers pour souder des badges ou découper des formes en bois, découvrir la programmation.
L’équipe souhaite démocratiser l’accès aux sciences et technologies en faisant bien comprendre à tout le monde qu’avec un petit peu d’effort, de l’aide et des machines sympas comme des imprimantes 3D ou découpes laser on peut fabriquer presque tout ce que l’on veut. 

L’idée des combats de robots c’est aussi attirer du public grâce au coté amusant et ludique de l’événement et d’en profiter au passage pour montrer à travers ces affrontements déjantés qu’avec un peu d’électronique, un peu de mécanique et quelques conseils, on peut beaucoup s’amuser et presque tout est possible.

Les règles sont très simples : Il faut réussir à faire en sorte que le robot adverse ne puisse plus se déplacer, soit en le cassant, soit en le forçant à abandonner ou en le poussant dans les pièges installés dans l’arène pour agrémenter les combats. Les décharges éléctriques sont toutefois interdites, comme le brouillage des télécommunications des robots adverses. Les projectiles, les liquides ainsi que les attaques acides sont interdites. Enfin il n’est pas autorisé aux robots d’embarquer toutes choses vivantes. 

À part ça, tout ce qui n’est pas explicitement interdit est autorisé. 

Comment participer ?

Rien de plus simple : 

Email : contact@technistub.org

Site Web : https://www.makerfight.fr

Après 2 éditions ayant remportées un franc succès, plus de 30 robots déjà inscrits pour cette troisième année, plus de 1 500 personnes sont attendues à Mulhouse le 21 Avril 2018 à la MakerFight

Contribution du RFFLabs aux travaux de l’Observatoire National du Commerce et de l’Artisanat

Le Réseau Français des FabLabs a été auditionné dans le cadre de l’Observatoire National du Commerce et de l’Artisanat organisé par l’association d’élus et de parlementaires Centre-Ville en Mouvement, car nous [centre-ville en mouvement] considérons que les FabLabs en apportant de nouveaux types d’activités peuvent contribuer à dynamiser les centres-villes, à y faire revenir de l’activité et du lien. Voici une transcription de notre intervention.

Ont participé à cette audition, outre le RFFLab, La Quincaillerie Numérique, l’Atelier des Beaux-Boulons et Artilect, qu’ils en soient remerciés.

Description

Un FabLab est un LABoratoire de FABrication ouvert à tous publics, sans conditions. Selon le statut juridique du fablab, il y peut y avoir un éventuel coût d’adhésion ou d’achat de matériaux. Chacun peut venir expérimenter, apprendre ou fabriquer par lui-même tout type d’objet (prototype technique, meuble, vêtement, objet artistique ou design, objet interactif, jouet, etc.). Pour cela chaque personne peut venir utiliser les différentes machines du FabLab, apprendre des autres personnes ou participer aux différents projets collectifs. Les FabLabs adhérent à la charte de la FabFoundation.

Verbatim

« Les FabLabs créent du lien social entre les gens, qui souvent ne se seraient pas rencontré autrement, et sont un outil au service de toutes les parties prenantes des centres-villes : associations, commerçants, professionnels, municipalité, citoyens, étudiants, retraités etc. ».

Constats

Les FabLabs sont avant tout un lieu où créer du lien entre personnes : ce sont des espaces participatifs, où l’on partage son savoir et ses questionnements, où l’on apprend à faire soi-même, avec l’aide des autres.

Responsabilités et devoirs des usagers

La charte des FabLabs donne trois responsabilités (ou devoirs) aux usagers du lieu : « ne blesser personne et ne pas endommager l’équipement ; aider à nettoyer, maintenir et améliorer le Lab ; contribuer à la documentation et aux connaissances des autres », mais c’est une erreur grave de résumer ces lieux aux seules machines qu’ils mettent à disposition des usagers. Ce sont avant tout des lieux où l’on vient pour découvrir, pour fabriquer un objet ou pour apprendre l’usage d’une machine, et où l’on trouve de nouvelles relations, de nouvelles idées, de nouvelles connaissances.

C’est un lieu de vie, un type de Tiers-Lieu, dont les règles de fonctionnement poussent à l’extrême à l’interaction entre personnes, à l’échange, au partage entre ses usagers. C’est un lieu qui est construit par et pour les personnes qui l’utilisent, et chaque FabLab est différent des autres FabLabs dans son fonctionnement, son équipement, ses buts et ses moyens.

Aujourd’hui, les Fablabs sont des lieux d’expérimentation de nouvelles relations qui remettent en question les séparations établies entre sphère publique, sphère privée, loisirs, travail rémunérateur et engagements associatifs. À ce titre, il est important de ne pas cristalliser de définition pour laisser aux formes émergentes qu’ils abritent le temps de se développer à leur rythme, en invitant l’ensemble des parties prenantes à y participer tout en évitant toute appropriation de la dynamique par des intérêts privés ou partisans.

Un lieu en adéquation avec les besoins locaux

La création d’un FabLab, ou d’un Tiers-Lieu en général, doit donc se faire en concertation avec toutes les parties prenantes qui utiliseront le lieu : les habitants, les usagers de la ville (travailleurs, étudiants, retraités, demandeurs d’emploi), les commerçants, les associations, la municipalité… Cette concertation permettra de construire un espace en adéquation avec les besoins exprimés ou découverts et les ressources existantes ou pouvant être générées localement.

Un modèle économique fragile et qui reste à trouver

Le modèle économique d’un lieu comme un FabLab est toujours difficile à trouver, puisque le lieu met à disposition des usagers quasiment gratuitement des machines coûteuses à l’achat et parfois à l’entretien, sans parler des éventuels frais de personnel. Différents modèles coexistent aujourd’hui. Certains FabLabs sont des lieux de mise à disposition par des entreprises de leur parc de machines, d’autres se financent via l’offre de services de fabrication pour des particuliers ou des entreprises (« faire faire » au lieu de « faire soi-même »), d’autres encore adossent le FabLab autour d’un Café (concept de Fab Café) ou d’un espace de co-working.

Un élément central est commun à tous ces modèles : un FabLab ne se pense pas comme une entreprise fournissant en priorité des services en échange d’une rétribution mais avant tout comme un lieu d’échanges et d’apprentissages collectifs.

Certains FabLabs sont amenés à facturer à leurs usagers l’utilisation de certaines machines, en fonction de coûts de fonctionnement et de leur mode de financement. En raison de la diversité des situations et de la nature innovante de ce type d’organisation émergente, il nous semble important de laisser la possibilité à différents modèles d’être expérimentés, tout en assurant un suivi et une documentation des expériences. À terme, cela devrait permettre à l’ensemble des acteurs de bénéficier d’un retour documenté sur ces expériences et de pouvoir ajuster leurs pratiques au vu de ces connaissances.

Propositions

Un salarié de la mairie ou de l’intercommunalité pour faire l’analyse fine des besoins locaux

Chaque tiers-lieu, a fortiori chaque FabLab, s’inscrit dans l’écosystème local et répond à un ou plusieurs besoins locaux. L’analyse fine des besoins et l’implication d’un maximum d’acteurs dans la construction et la conduite du projet est un travail de longue haleine très consommateur en temps. Les communes ou intercommunalités ont les moyens de détacher/financer un salarié pour faire ce travail, salarié qui pourra ensuite devenir le concierge du lieu, c’est à dire l’animateur de la communauté, celui qui facilite la création de liens et l’apport de ressources locales à un projet. Il sera un coordinateur et une personne avec une connaissance fine et approfondie de l’écosystème qui profite de la présence du tiers-lieu.

Une implication et une ouverture des services techniques vers les citoyens

Les services techniques municipaux font un travail déterminant mais souvent méconnu des habitants. Leur implication dans le FabLab, tant par l’utilisation des machines disponibles que par leur participation aux projets des usagers et la transmission de leurs connaissances serait un excellent moyen de décloisonner les services techniques des habitants de la ville, tout en leur apportant de nouvelles possibilités de réalisations.

Étendre le mécénat aux structures de type FabLab

Le modèle économique des FabLabs reste à trouver, mais un levier puissant et qui nous fait encore défaut est le mécénat/don (article 238 bis du code général des impôts), qui permet de déduire des impôts sur le revenu 60 % des dons versés à la structure. Les FabLabs ont le malheur d’être sur plusieurs thématiques différentes, de manière non exclusive : « organismes d’intérêt général ayant caractère […] éducatif, scientifique, social, humanitaire […], culturel ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ». La possibilité d’émettre des reçus fiscaux est donc régulièrement refusée.

Permettre aux CCAS, écoles, maisons de retraite, hôpitaux… de faciliter l’utilisation du lieu par les personnes qu’ils accueillent

La mairie ou l’intercommunalité gère directement ou indirectement de nombreux services à destination de la population, notamment des services sociaux ou éducatifs. Ces services pourraient inclure dans leurs projets l’utilisation par les bénéficiaires du FabLab local, soit de manière dirigée autour d’un projet prédéfini (par exemple pour apprendre à utiliser les machines du lieu – rappelons par exemple que la modélisation 3D est au programme de technologie du collège), soit de manière libre (par exemple, le CCAS ou la maison de retraite pourrait permettre aux bénéficiaires d’utiliser le FabLab pour réparer ou fabriquer des meubles, des objets utilitaires, des jouets…, en payant pour le bénéficiaire la cotisation du lieu et en offrant des bons sur l’achat des matériaux nécessaires).

L’association Réseau Français des FabLabs :

L’association Réseau Français des FabLabs (RFFLabs) compte 50 FabLabs membres, pour 200 à 250 lieux en France métropolitaine, et plus de 2 000 dans le monde. Le nombre d’adhérents est en croissance et l’association a pour vocation de représenter l’ensemble des Fablabs présents sur le territoire national. 2018 sera l’année des FabLabs en France, avec l’accueil de l’évènement Fab14 du 12 au 20 juillet 2018.

Cet événement est la réunion mondiale annuelle des FabLabs. Il sera pour la première fois articulé en trois manifestations, le FabCity Summit (réunion de plusieurs villes qui se sont engagées à mener une démarche de transformation urbaine autour des thèmes du Fablab, de la production locale et de l’économie sociale et solidaire) les 12 et 13 juillet, à Paris ; le Fab14 Distribué les 14 et 15 juillet, dans toute la France, qui permet aux Fablabs de province d’être associés à ces manifestations d’envergure internationale et de profiter de leur médiatisation ; et l’évènement cœur Fab14, du 16 au 20 juillet, à Toulouse.

Le format inédit de cet événement, adopté par la FabFoundation suite à la proposition du Réseau Français des Fablabs et de ses partenaires, démontre l’intégration et la capacité d’action collective de la communauté des Fablabs en France, leur solidarité et leur volonté de faire œuvre commune, tout en faisant profiter l’ensemble des acteurs locaux de cette dynamique.