Un long chemin vers l’unité des fablabs français

Le week-end du 22 octobre 2016, le conseil d’administration du Réseau français des fablabs (RFFLabs) nouvellement élu en mai dernier, s’est réuni à La Quincaillerie numérique de Guéret. Pour un week-end, la Creuse a été le centre des échanges et débats qui animent la grande communauté des makers français, plus habitués à se retrouver sous le soleil toulousain que dans les brumes creusoises.

L’un des enjeux était de positionner le réseau face à la nouvelle qui a occupé une grande partie de l’espace médiatique des fablabs cet été : l’annonce de l’organisation en France de FAB14, la conférence mondiale des labs en 2018. Si la plupart des événements auront lieu à Toulouse et Paris (cette dernière en profite pour rejoindre le réseau mondial Fabcity), c’est pour la première fois un pays (la France) et non une ville qui a été choisie à Shenzhen pour accueillir le sommet. Cette décision nous offre l’opportunité de faire rayonner l’ensemble des fablabs du territoire. Mais pour rendre cela possible, nous avons besoin d’un écosystème mature, d’un réseau uni et de coopérations concrètes entre ses membres.

Si la France est, au niveau international, l’un des pays les plus dynamiques sur la thématique des fablabs, de nombreuses incompréhensions demeurent autour de cette notion. Des ressources (comme le rapport sur la fabrication numérique établi en 2014) sont disponibles pour éclairer ce débat, qui a animé les réflexions préalables à la création du réseau.

L’une des formules qui me semble le mieux résumer la spécificité de ce type d’atelier de fabrication numérique a été utilisée au Fabfestival 2016 : « Un fablab est un espace oeuvrant à la démocratisation des outils de fabrication numérique. » Cette notion de « démocratisation » semble à la fois suffisamment large pour laisser coexister de nombreuses formes d’initiatives et d’actions mais également assez précise pour garantir une homogénéité en termes de finalités.

Démocratiser sans rivaliser

Démocratiser, c’est rendre accessible au peuple (dêmos en grec), donc à tous, sans distinction d’âge, de sexe, de niveau d’études ou de statut professionnel. A partir de là, il est assez simple d’identifier plusieurs types d’espaces (ou de labs) orientés vers différents publics, et dont les fablabs ne sont qu’un exemple (ceux qui travaillent à être accessibles à tous). Être ainsi capable de reconnaître et d’accepter une pluralité de modèles et de modes de fonctionnement, d’accepter que coexistent labs d’entreprises, makerspace, fablabs, espaces publics numériques (EPN) et tiers-lieux de toutes natures, et cela sans notion de hiérarchie ou de rivalité entres structures ; cela serait un premier signe de maturité que nous pourrions faire tous ensemble.

Dans un écosystème où l’on accepte la « biodiversité » des modèles et où les différences ne sont pas sources de conflits mais permettent au contraire un enrichissement mutuel, le rôle des organisations collectives (réseaux, fédérations, syndicats…) n’est pas de figer des postures, de cristalliser des conflits. Au contraire, dans ce modèle où les acteurs choisissent de se réunir sur une base volontaire, ces structures doivent plutôt donner des repères, être des lieux d’entraide, de capitalisation de ressources, au service de leurs membres présents et potentiels.

En d’autres termes, personne n’imagine aujourd’hui fédérer les fablabs (ni les tiers-lieux) par la contrainte (je l’espère), ni par la force de la loi (le modèle consulaire n’étant plus très à la mode comme l’a montré récemment l’épisode de la loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014).

Exemplarité

Reste l’option de l’exemplarité, de la conviction par l’action. Dans cette hypothèse, la tâche d’un réseau est d’apporter un soutien actif et efficace à ses membres, de les guider, de les appuyer et de produire des ressources permettant aux membres l’ayant rejoint de réussir et de donner envie aux autres de le rejoindre.

Cette option présente deux principaux avantages. D’une part, elle est tournée vers l’action et sa mise en œuvre repose d’abord sur la capacité de ses membres à agir ensemble (ce que nous faisons presque tous quotidiennement), plutôt qu’à penser ensemble (ce qui reste un défi majeur pour l’avenir). D’autre part, elle évacue la question de la légitimité initiale d’un tel réseau. Dans un monde où l’on est obligé d’adhérer à une fédération, une confédération, une chambre…, il est important de comprendre ce qui fonde cette obligation et ce monopole.

Dans un monde dans lequel on accepte la liberté d’adhésion, le problème ne se pose plus en ces termes. C’est au réseau de faire la preuve de sa légitimité par sa capacité à aider, accompagner et soutenir ses membres. A ce titre, le Réseau français des fablabs pourrait être précurseur.

Un réseau catalyseur

Au lieu de s’institutionnaliser progressivement et de reproduire un schéma classique de transformation en une chambre de débats stériles entre des postures idéologiques, il pourrait incarner un modèle de réseau du XXIème siècle, à la fois catalyseur d’actions et de dynamiques, lieu de partage et de capitalisation des erreurs et des réussites, et structure horizontale, libérée des questions de hiérarchie, et où les commissions et les groupes de travail se forment autour d’objectifs opérationnels, de projets concrets.

En poussant la logique un peu plus loin, on pourrait même concevoir que ce réseau accepte que coexistent en son sein différents niveaux de coopération entre les membres, en fonction de leur proximité, de leur engagement, des points d’accroche qu’ils se seraient trouvés. Nous serions ainsi capable de réaliser, à notre échelle, ce que l’Union européenne n’arrive pas à faire, et mettre en œuvre des niveaux d’intégration différents, qui ne se traduiraient pas par des niveaux hiérarchiques, ou d’importance différents.

La déclinaison logique de cette démarche, depuis l’idée d’un écosystème ouvert, à celui d’un réseau favorisant les dynamiques communes, nous amène à imaginer des coopérations concrètes entre les tiers-lieux au sens large. Beaucoup a déjà été fait dans ces lieux, et beaucoup y est fait quotidiennement pour expérimenter de nouveaux modèles, faire évoluer les modes de faire, construire des alternatives. Pourtant, encore trop peu de résultats sont diffusés, encore trop d’erreurs sont répétées, encore trop de prototypes peinent à changer d’échelle.

Certains pourraient croire que c’est une question de moyens. Au contraire, la force des projets issus de ces lieux tient en partie au fait qu’ils sont conçus avec peu de moyens, en essayant de contourner les difficultés techniques non par une débauche de dépenses de R&D, mais par des « astuces », de l’intelligence, de la sobriété ; pour faire court de « l’innovation frugale ».

Il ne s’agit pas de dire que les labs peuvent fonctionner sans moyens. Mais avec un budget annuel de 150 000 à 200 000€, on peut déjà faire beaucoup. Non, le véritable effet levier qui permettra de faire de ces espaces de véritables catalyseurs d’innovations au service du plus grand nombre, sera leur capacité à mobiliser les énergies, fédérer les bonnes volontés, diffuser la conviction selon laquelle « on peut faire autrement ».

Ce qui bloque aujourd’hui un grand nombre d’initiatives, ce sont les barrières psychologiques. Avant même d’avoir essayé, on est convaincu que ce n’est pas possible. Or, plus de 60% des créations d’entreprises en France se font avec moins de 10 000€. Or, le coût de développement d’un prototype dans un fablab n’excède pas quelques milliers d’euros. Cela peut sembler élevé pour un étudiant ou un porteur de projet isolé. Mais dès que l’on s’inscrit dans une logique collective, ces barrières financières disparaissent. C’est ce qu’a prouvé le crowdfunding dans de nombreux domaines.

L’un des exemples les plus révélateurs est celui de l’industrie musicale. Il y a quelques années, un artiste n’avait aucun espoir de diffuser un album sans passer par le processus de sélection des majors. Aujourd’hui, une kyrielle de jeunes groupes produisent et commercialisent leur musique autour d’eux, en se finançant sur des plateformes spécialisées, leur permettant de collecter les quelques milliers d’euros nécessaires pour un enregistrement de qualité et le pressage d’une petite série de disques. Bien sûr, la plupart d’entre eux ne vivent pas de leur musique. Mais ils ont toutes les cartes en main pour essayer.

Pourquoi ce qui a été possible pour l’industrie musicale ne le serait pas pour la création de projets, d’entreprises et d’activités ? La création artistique a réussi à s’affranchir d’un mode unique de financement par les majors. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour le financement de l’innovation ?

En résumé, la tâche qui est devant nous est immense, et les attentes très élevées. Le débat sur l’accueil de FAB14 en France n’est qu’une des facettes de la tension qui règne au sein de cet écosystème. Et la cause principale de cette tension est que nous faisons face à des défis extraordinaires, que nous suscitons un espoir grandiose, sans disposer aujourd’hui de la stratégie, des repères et des moyens nécessaires pour y faire face.

La solution ne viendra pas d’ailleurs. Elle ne tombera pas du ciel. Elle sera le résultat de nos efforts concertés pour la construire. Et la première pierre de notre édifice pourrait être de mettre en accord nos valeurs et nos pratiques.

 

Les FabLabs, simples ateliers de fabrication ?

Article originellement publié sur Medium

Jour après jour l’occasion m’est donnée de venir ici et là témoigner du mouvement FabLabs, de l’origine de ces lieux, de leurs intentions. Presque partout, le même constat : les FabLabs sont perçus comme de simples ateliers de fabrication. Ainsi, par exemple, la définition du Petit Robert 2017 :

FABLAB n. m. (mot anglais, de fabrication laboratory « laboratoire de fabrication ») anglicisme. Atelier mettant à la disposition du public des outils de fabrication d’objets assistée par ordinateur. Des fablabs.

Ils sont pourtant tellement plus !

En voici une autre définition possible :

FABLABS n. m. pluriel (mot anglais, de fabulous laboratories “laboratoires fabuleux”) anglicisme. Lieux entre autre équipés d’outils de prototypage et de fabrication numérique. Ouverts à tous, ils proposent de venir apprendre, créer “presque tout et n’importe quoi” et partager. Les FabLabs invitent au “Do It with Others” (fais-le avec les autres)

Les FabLabs sont pluriels. Ils n’existent pas seuls ; ils forment un réseau ; ils sont une manifestation physique du réseau internet.

Ils proposent de s’associer mondialement autour de valeurs communes et démocratisent localement des capacités de production jusqu’ici réservées aux professionnels ou aux industriels. Tout comme le web a permis à chacun de publier, de partager, de diffuser ses idées, les FabLabs nous apportent la possibilité de fabriquer, d’expérimenter, de prototyper, de démontrer. Simplement de matérialiser nos idées, de les rendre réelles.

Sortir du rêve et devenir acteur. Ne plus se sentir en incapacité : pouvoir faire grâce aux machines mais aussi en mutualisant le savoir-faire, les plans en open-hardware, des codes ou encore des contrats par exemple, en open-source.

Les FabLabs créent donc un espace où penser et expérimenter ensemble d’autres modèles :

  • d’éducation en explorant le “learning by doing” [NDLR : apprendre en faisant] et les communautés apprenantes,
  • d’organisations fluides et transverses en expérimentant la posture de facilitateur et en invitant à devenir contributeur,
  • de production en accompagnant les mutations liées à la fusion des “bits and atoms” qui revisitent les rapports entre physique et numérique, entre produits et services, entre producteurs et consommateurs : personnalisation, fabrication à la demande, objets connectés, circuits courts de production, …
  • de relations économiques, telles que l’économie contributive, les monnaies complémentaires, la mutualisation des compétences, …

Si les raisons d’entrer dans un FabLab pour la première fois sont diverses et se réduisent parfois à l’envie de trouver un outil particulier, le plus souvent ceux qui reviennent le font pour d’autres raisons :

  • être libres d’expérimenter, prendre plaisir à se tromper, se savoir le droit de recommencer
  • bénéficier de ressources et de compétences mutualisées
  • partager, apprendre des autres, apprendre bien entendu en faisant.
  • partager simplement un morceau de gâche, un café, croiser des regards, créer des liens
  • faire ensemble, échanger, débattre avec bienveillance pour interroger et repenser les liens entre technologie, société et vivre ensemble.

Les FabLabs permettent donc de défricher d’autres choix possibles de société et favorisent l’innovation sociale, pédagogique ou encore technologique. Ils invitent à gagner la capacité de s’engager, d’influer, d’agir ; à choisir de ne pas subir les mutations en cours mais de construire le monde à venir.

Pour finir, voici la définition que j’aimerais retenir :

FABLABS n. m. pluriel (mot anglais, de fabulous laboratories “laboratoires fabuleux”) anglicisme. Lieux équipés d’outils de prototypage et de fabrication numérique. Ouverts à tous, ils proposent de venir apprendre, créer “presque tout et n’importe quoi” et partager. Ils invitent au “Do It with Others” (fais-le avec les autres) et permettent de prototyper d’autres modèles possibles de production, d’organisation ou encore d’éducation. Ils contribuent à réinventer la société.

Qu’en dites-vous ?

 

Le nouveau Logo de l’association

Suite à l’appel à logo lancé en juin, nous avons reçu sur le forum pas moins de 19 propositions différentes, de 10 personnes !

Suite à la phase de vote, la proposition qui a reçu le plus de soutiens (et de très loin, plus de 26% des votes, quand le second est à 10,7%) est celle de Léo, joliment documentée sur le forum et disponible sur un dépôt Git !

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont fait l’effort de participer à notre appel à logo (et de documenter leur démarche) :

Merci à tous !

Réunion du Conseil d’Administration

Le conseil d’Administration de l’Association va se réunir physiquement du samedi 22 à 14h00 au dimanche 23 octobre à 14h00 à la Quincaillerie Numérique, à Guéret dans la Creuse.

Cette réunion est ouverte à tous. Vous pourrez participer aux échanges (mais pas aux votes, si vote il y a), et apporter un point de vue original et nouveau aux débats.

Nous avons loué un gite pour la nuit du samedi au dimanche, qui dispose de 23 places. Pour l’instant, une dizaine sont déjà prises, répondez au sondage pour en réserver une de plus (repas du samedi soir, 5€ par personne ; nuit au Gite, 77€ par personne, repas du dimanche, 12,50€ par personne, soit 94,50€ par personne pour repas du soir, nuit au gîte, déjeuner du midi). Réponses attendues pour le 3 octobre.

NB : Sont compris dans la location ; draps, ménage, jaccuzi et sauna

L’idée, c’est aussi de faire connaissance les uns avec les autres autour de bonnes bières bien fraîches (ou autres boissons fraîches ou non, tant qu’on rigole).

L’ordre du jour de la réunion :

  • Compte rendu des travaux en cours (Livre Blanc, …),
  • Organisation de Fab 14,
  • Chemin vers la prochaine AG,
  • Pistes de financement de l’asso, notamment d’un ou deux salariés et des frais inhérents à nos missions,
  • conventions MAIF et CANOPÉ,
  • Et tout sujet que vous jugerez bon d’aborder.

Des bises.

Et n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions !

 

De nouveaux outils pour RFFLabs

Bonjour à tous,

Aujourd’hui est un grand jour. Nous venons de finir de mettre en place le fameux http://chat.fablab.fr dont nous vous avons parlé durant le FabLab Festival. Venez dès maintenant nous retrouver sur ce http://chat.fablab.fr qui se veut le principal endroit pour échanger en direct, que ce soit des projets spécifiques RFFLabs ou des projets inter-fablabs. Il est ouvert à tous sans invitation (Juste une inscription rapide, moins de 30 secondes). N’oubliez pas d’en faire la promotion autour de vous.

Le détail de l’information :

Jusqu’à présent nous avancions en utilisant l’outil Slack qui malgré l’ensemble de ces qualités ne nous a pas permis une ouverture au plus grand nombre de la communauté de par sa restriction d’invitation et sa difficulté d’accès.

Qu’apportes un chat en direct quand on peut communiquer via 36 moyens de communications (Mail, Facebook, Forum, Wiki, etc…) ?

L’avantage premier du chat est de discuter en instantané sur un outil clair et pratique (Pour exemple  : la discussion concernant l’achat groupé d’une découpe laser aurait pu faire l’objet d’un nouveau channel pour permettre une discussion sur le sujet avec un historique et un suivi des messages clair et pratique).

Nous avons beaucoup de discussions, de questions, et d’initiatives qui ne peuvent être conclues par manque de communication directe. Aussi le chat comblera certains de nos manques sur ces points.

Nous avons commencé à réfléchir à une manière de communiquer qui nous permettra de clarifier les processus de communication au sein de RFFLabs (Cette méthode est encore discutable).

Lancement d’une initiative : Mail, Réseaux Sociaux, Blog, Articles divers

Discussion autour de cette initiative : Mattermost (http://chat.fablab.fr)

Gestion des tâches : Un kanboard (http://kanboard.fablab.fr/)

Début de documentation de l’initiative : Forum, Framapad, Google drive, Git, ou autres.

Finalisation de la documentation de l’initiative : Wiki, Site RFF, Site de Fablab, Article presse

Le wiki et le site RFF complet vont être construit à la suite de cette initiative. (Un projet après l’autre)

L’outil qui a été choisi pour réaliser ce chat est Mattermost : https://www.mattermost.org/ pour plus d’informations. Il est hébergé par nos soins.

Les avantages principaux de cette solution :

  • Tout le monde peut créer des channels / salons de discussion.
  • Il suffit juste d’une inscription avec un mail pour pouvoir y accéder.
  • Il est possible de communiquer directement entre deux membres en channel privé.
  • Il est possible de s’échanger des fichiers, pad, informations directement sur le channel.
  • Il est possible de faire une recherche sur chaque channel.
  • Bien d’autres fonctionnalités géniales.

Fablabement,

L’équipe RFFLabs

 

Votons ensemble le futur logo de RFFLabs !

Suite à une phase de collecte de propositions réalisée sur le forum de RFFLabs, nous arrivons désormais à une phase de choix de notre logo.

Afin de simplifier les opérations, nous avons créé un formulaire cocher avec toutes les propositions et le lien qui mène à la documentation. Vous avez le droit de cocher plusieurs choix. Nous allons laisser ce formulaire actif jusqu’au 25 septembre.

Le logo qui aura le plus de votes à la fin de la période impartie sera choisi comme logo de RFFLabs. En cas d’égalité entre plusieurs premiers, un nouveau vote sera réalisé sur les propositions à égalité. Nous rappelons qu’il est important de lire la documentation des créations pour pouvoir comprendre les œuvres dans leur intégralité et le processus qui y a mené. La taille des images est variable mais vous pouvez retrouver les images en plus grand sur leurs documentations respectives (Il faut être connecté pour pouvoir les voir).

Fablabement,

Kévin Mazars et la commission Logo

 

Fab14 France 2018 – Lettre ouverte aux porteurs de projet

Chers Nicolas Lassabe, Minh Man Nguyen, Olivier Gendrin,

Nous vous écrivons pour éclaircir certains points soulevés à la lecture de votre demande de lettres de soutiens pour la tenue de Fab14 en France.

Cet événement représente une formidable opportunité pour les FabLabs du pays de montrer la diversité et la richesse des différentes structures au grand public comme aux partenaires institutionnels, associatifs, économiques, médiatiques, scientifiques, éducatifs… C’est un événement qui va rassembler le réseau mondial pendant une semaine et qui recevra une grande visibilité nationale comme internationale.

Mais c’est donc aussi un événement qui engage et impacte l’ensemble des FabLabs de France. C’est pourquoi il nous semble nécessaire d’être éclairés sur certains points :

  • Qui organise l’événement (associations et personnes) ? Avec quelle gouvernance ? Quel organigramme ? Quel budget et quels financements ? Quelles relations entre les trois séquences du projet (Fab14, Fab Festival distribué, Fab City summit) ?
  • Quels sont les objectifs et intérêts de chaque structure organisatrice par rapport aux événements prévus ?
  • Quel sera le soutien apporté (humain, matériel, financier et logistique) pour les Labs participants au Fab Festival distribué ?
  • Comment est-ce qu’il sera possible de s’impliquer dans l’organisation de tout ou partie de l’événement ?

Afin que ce projet puisse être mené dans l’ouverture et la confiance, il nous semble que l’organisation de Fab14 doit se faire selon les principes qui nous ont permis de créer le Réseau Français des FabLabs en janvier et avril derniers.

La préparation de Fab14 doit être un processus public, afin que chacun puisse proposer son aide et son expertise s’il le souhaite, et documenté, afin que d’autres puissent apprendre de nos errances et réutiliser certains éléments.

Par conséquent nous proposons la création d’une plateforme administrée par les 3 structures organisatrices, accessible à tous.

Des bisous,

Les signataires :

  • Dimitri Ferrière – Fabrique d’Objets Libres, Lyon
  • Simon Laurent – CA RFFLabs – Atelier des Beaux Boulons, Auxerre
  • Olivier Gendrin – Président RFFLabs
  • Laurence Berthoud Lafarge – CA RFFLabs – Kelle Fabrik, Dijon
  • Laurent Ricard – Faclab, Gennevilliers
  • Norbert Romand – Fablab des 3 Lapins, Luxeuil les Bains
  • Emmanuelle Roux -ZBis, Saint-Georges-de-Montaigu
  • Philippe Schiesser – Écodesign FabLab, Montreuil
  • Mathieu Geiler – MakerTour, Lyon
  • Stephane Laborde – Technistub, Mulhouse
  • Pierre Ricono – Chef du département Campus technologique – Cité des sciences et de l’industrie, Paris
  • Joris Navarro – CA RFFLabs – SquaregoLab, Perpignan
  • La Machinerie – CA RFFLabs – Amiens
  • Association Arbore’Sign – CA RFFLabs – Projet Signothèque, Ramonville St Agne

Compte-rendu subjectif de l’Assemblée Générale 2016

Que c’était bien à Toulouse ! On avait le temps de se rencontrer et d’avancer au travers de la montagne de travail à abattre…

Le retour à la réalité est d’autant plus dur… Déjà trois quatre semaines depuis le FabLab Festival, et aucun compte-rendu n’a été publié… Bouuuuh !

Commençons par le compte rendu formel de l’AG proprement dite :

  • le rapport moral du président à été adopté,
  • le bilan comptable a été adopté (nous avons reçu 1.500€ d’adhésions et nous avons environ 100€ de frais — Journal Officiel et assurance),
  • le règlement intérieur a été discuté (en tout cas les définitions au début du document) et adopté (j’y reviendrais plus bas),
  • et le nouveau Conseil d’Administration a été élu,
  • puis, après l’AG, le Conseil d’Administration à élu en son sein le bureau.

Où allons-nous maintenant ?

Le Conseil d’Administration s’est réuni dans sa tour d’ivoire (j’en reparle plus bas) pour pour réfléchir à ce que nous voulions avoir fait lors de la prochaine Assemblée Générale, et nous avons identifié plusieurs axes :

Rédaction d’un livre blanc

Premièrement, la publication à l’automne d’un livre blanc qui présente des éléments d’appréciation pour distinguer ce qui est un FabLab de ce qui est un espace avec des machines de fabrication numérique. Ce document est plutôt pensé à destination des collectivités territoriales, mais il pourra être utile à tous les interlocuteurs des FabLabs. La rédaction de ce livre blanc va passer par l’établissement d’une photographie de l’état actuel du réseau. Attendez-vous à être contactés dans les deux mois qui viennent par les personnes qui porteront le projet (que vous pouvez rejoindre).

Création d’un Conseil Scientifique

L’adoption du règlement intérieur entraîne aussi la création d’un Conseil Scientifique, qui sera présidé par Camille Bosqué (qui est aussi membre du Conseil d’Administration). Le rôle essentiel de ce Conseil Scientifique est de faire un suivi des recherches scientifiques en cours qui ont trait aux FabLabs, dans tous les domaines d’études (Sciences, Économie, Sociologie, Éducations), mais il pourra aussi répondre à des questions spécifiques posées par le réseau.

Réflexion sur la documentation

Un état des lieux est en cours en partenariat avec les acteurs qui sont au plus proche de la documentation. L’analyse des plateformes de documentation actuelle, pour essayer de les faire coexister sans leur enlever leur singularité, est un enjeu de taille pour réussir un bon agrégateur. Nous espérons aboutir sur un outil de centralisation des projets réalisés dans les FabLabs et tiers-lieux sans avoir à uniformiser le réseau de documentation existant. Un enjeu de taille avec un projet conséquent que nous allons essayer de mener avec tous les acteurs de terrain du moment. Si vous aimez documenter, partager, agréger des données, coder et bien d’autres choses, vous êtes les bienvenues pour aider au projet !

Quels sont les sujets que je souhaite voir abordés lors de cette première année ?

Dans cette section, vous trouverez des points que je souhaite voir abordés dans l’année…

Sécurisation juridique des FabLabs

Ensuite, il nous a semblé qu’il y a actuellement deux points juridiques auxquels apporter des réponses rapidement :

  • les contrats de travail des Fab Managers (pour les FabLabs qui ont la chance de pouvoir faire un tel contrat) : si vous voulez que ce soient les utilisateurs qui ouvrent le lieu, maintiennent les machines, assurent les formations, cela ne doit pas relever des missions du Fab Manager, sous peine de tomber potentiellement sous le coup du travail dissimulé. Bref, nous avons besoin d’un contrat de travail modèle.
  • la charte des Fab Labs est très indicative, et ne se traduit pas formellement en droits et devoirs opposables aux usages en cas de conflit. Nous avons aussi besoin d’un modèle de conditions générales d’utilisation qui soient utilisables le jour où un conflit juridique aura lieu (par exemple entre deux usagers. Et la question n’est pas de savoir si ça aura lieu, mais bien sûr quand…).

Pouvoir recevoir des dons pour un FabLab

Il n’est pas certain que ce soit possible, mais ce serait un grand plus pour tous nos membres si les dons qui leur serait faits (en numéraire comme en nature — par exemple des machines) étaient déductibles à 66% des impôts. Cela serait peut-être possible via l’association Réseau Français des FabLabs (il y aurait des frais), mais pour plus de sécurité juridique, nous devons avoir l’aval de l’administration fiscale pour émettre des reçus fiscaux.

Un ou plusieurs salariés

Nous convenons tous que la charge de travail par rapport à l’objet de l’association est forte, tant dans l’animation du réseau que dans les relations avec nos partenaires en France, en Europe et dans le monde. Je pense qu’il y a suffisamment à faire pour occuper une ou plusieurs personnes à plein temps… Reste à trouver des financements pour ce poste, puis la personne qui saura tout mettre en œuvre.

La mutualisation des frais d’assurance

Il devrait aussi être possible de négocier avec une assurance un contrat type qui puisse couvrir tous les membres FabLabs qui le demanderaient, et qui permette à un membre Usager de circuler entre les différents labs sans payer à chaque fois une nouvelle assurance (les frais de gestion de chaque lieu restant à leur discrétion).

Quels seront les sujets à trancher lors de la prochaine Assemblée Générale

Un collège spécifique aux Fab Managers

Quelques personnes ont fait part de leur surprise de ne pas voir les Fab Managers formellement représentés dans les collèges de l’association. Lors de la rédaction des statuts de l’association, il nous avait semblé que les Fab Managers étaient représentés dans le collège des FabLabs via la personne morale à laquelle ils appartenaient (qu’ils soient employés ou bénévoles).

Il faudra donc débattre cette année pour savoir si cette représentation est suffisante ou non, et s’il faut créer un nouveau collège. Et si c’est le cas, si ce collège a un pouvoir décisionnaire ou consultatif à l’assemblée générale, ainsi que la nouvelle répartition du pouvoir de décision à l’assemblée générale entre les collèges, et bien sûr les questions de la définition de ce qu’est un membre du collège des Fab Managers dans le règlement intérieur et de l’élection d’un ou plusieurs membres du collège au sein du Conseil d’Administration…

On se retrouve sur cette question à la fin de l’automne si personne n’a abordé cette question avant.

Les bugs du Règlement Intérieur : l’association est animée par ses membres

Et bien sûr, dans les minutes qui ont suivi l’adoption, les premiers bugs ont été remontés… À savoir que le Conseil d’Administration est dans le règlement intérieur responsable de l’animation de l’association, ce qui est une erreur majeure. Chaque membre de l’association est bien entendu responsable de son animation, et peut proposer sur les listes de discussion ou sur le forum tout sujet qu’il lui semble important de débattre.

Mais il est vrai que être élu au Conseil d’Administration à une force symbolique qui vous porte et vous pousse à vous impliquer plus lourdement. J’espère bien réussir à changer ça, au delà du changement de texte du Règlement Intérieur  !

 

Candidature française pour l’organisation de FAB 14

Chaque année, le réseau mondial des FabLabs se réunit physiquement pendant une semaine pour débattre, échanger et partager. Cet été, Fab12 a lieu à Schenzen (Chine), l’année prochaine, Fab13 aura lieu à Santiago du Chili, et la ville qui accueillera Fab14 reste à désigner (ce qui se fera pendant ou juste après Fab12).

Le Réseau Français des FabLabs, le FabLab Artilect et le collectif Fab City Grand Paris [1] vont présenter en août une candidature commune à Fab12 pour organiser l’évènement en France.

Cela permettra de s’appuyer sur l’expérience d’Artilect acquise depuis 2011 dans l’organisation du FabLab Festival, sur la dynamique en cours en région parisienne autour du projet Fab City, et aussi sur le dynamisme du réseau sur le territoire national (la France est le second pays au monde en termes de nombre de fablabs référencés Fab Foundation).

À cette date, l’ébauche de programme imaginé par l’équipe qui travaille sur cette question prévoit :

  • 5 jours de rassemblement à Toulouse dont 4 jours concernant les Fablabs sous forme de conférences et de workshop + 1 journée de symposium, (du lundi au vendredi, avec un objectif de plus de 1.000 FabLabs représentés),
  • puis 2 jours de fablab festival distribué où chaque FabLab de France pourra proposer un temps de découverte pour tous, en profitant de la couverture presse de l’événement (samedi et/ou dimanche),
  • enfin 2 jours de séminaire autour de la thématique Fab City à Paris.

L’organisation de Fab14 en France est une formidable opportunité, car cela permettra :

  • de mettre en avant l’utilité des fablabs dans la société et leur rayonnement auprès des mondes politique, éducatif, économique, associatif…
  • de faire émerger d’ici 2 ans de nouvelles FabCity et FabRégion
  • de consolider le réseau national et international en faisant collaborer de nombreuses structures pour l’organisation d’un tel événement.

Mais cette candidature ne se fera pas sans votre aide : nous avons besoin du plus de parrainages possibles. Les vôtres, mais aussi ceux de vos relations politiques, économiques ou associatives. Nous avons trois semaines pour rassembler le plus de lettres de soutien possible pour étoffer notre candidature.

Pour soutenir la candidature française à l’organisation de fab14 en 2018, chaque fablab qui le souhaite peut  :

  • écrire une lettre de soutien à la candidature française (rtf/template-lettredesoutienfab14france.rtf)
  • préparer des lettres de soutien à faire signer par des associations, des entreprises, des maires, présidents d’agglomération, président de conseil départemental et président de conseil régional.

Vous pouvez envoyer les lettres de soutien à contact@fablab.fr ou par voie postale à RFFLabs, chez Artilect, 27bis Allée Maurice Sarraut, 31300 Toulouse.

À vous de jouer.

Olivier pour le réseau Français des FabLabs, Nicolas pour Artilect, Minh pour le collectif Fab City Grand Paris

Documents joints

[1] Le collectif Fab City Grand Paris rassemble différents acteurs impliqués dans le projet de Fab City à Paris et dans sa proche banlieue, dont WoMa, Volumes, les Arts Codés, Ouishare

Réseau Français des FabLabs : publication d’un livre blanc à destination des collectivités territoriales

Suite à son assemblée générale en ouverture du FabLab Festival à Toulouse le jeudi 5 mai 2016, l’association Réseau Français des FabLabs a décidé de publier un livre blanc à destination des collectivités territoriales.

Communiqué de presse,

Toulouse, le jeudi 5 mai 2016

Les premiers objectifs de l’association sont de publier un livre blanc à destination des collectivités territoriales pour favoriser et accompagner les projets de FabLabs présents sur leur territoire, diffuser les bonnes pratiques et documenter des réponses collectives aux problèmes actuels.

RFFLabs proposera des outils structurants qui aideront à la consolidation de la communauté des FabLabs et à la documentation de leurs projets.

Le Conseil d’Administration nouvellement élu est composé de 12 membres : les FabLabs Albilab (Albi), Artilect (Toulouse), Atelier des Beaux Boulons (Auxerre), Kelle Fabrik (Dijon), LabSud (Montpellier), La Machinerie (Amiens), Lorraine Fab Living Lab (Nancy), SquaregoLab (Perpignan), le projet de FabLab Arboré’Sign (Ramonville St Agne), et Camille Bosqué, Olivier Gendrin et Claude Soria.

Le conseil d’administration s’est réuni pour élire le bureau, composé de :

  • Président : Olivier Gendrin
  • Vice-président : Artilect
  • Trésorier : Claude Soria
  • Secrétaire : LabSud
  1. Olivier Gendrin, nouveau président, a déclaré : « Ce sont plus de deux ans de travail de préparation qui se concrétisent aujourd’hui, et je suis très content de voir que déjà plus de 55 personnes physiques et morales (associations, universités, entreprises, particuliers…) ont adhéré à l’association, ce qui montre bien que l’attente est forte au sein du réseau pour une forme de soutien et de support. »

Créée en 2016, l’association Réseau Français des FabLabs a pour but de :

  • Rassembler les structures françaises dont l’objet est d’animer, à titre principal ou accessoire, un espace ouvert de fabrication (FabLab), participant au réseau international des “FabLabs” ;
  • Représenter ses membres auprès des pouvoirs publics et administrations ainsi que des autres organisations en Europe et dans le monde ;
  • Apporter accompagnement, conseils et appui à ses membres ;
  • Communiquer sur les actions, réalisations et bénéfices du réseau des Fablabs ;
  • Permettre aux FabLabs de se rapprocher pour mutualiser des moyens, du matériel, et développer des projets en commun.

Contacts : presse@fablab.fr. Olivier Gendrin : +33 6 62 81 38 32, Artilect (Nicolas Lassabe) : +33 6 09 03 18 23.