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Communication de RFFLabs pour la « Mission Coworking – Tiers Lieux » du Secrétariat d’État à la Cohésion des territoires

Notre organisation – RFFLabs (en bref)

  • Date de fondation : déclarée au JORF le 19 janvier 2016
  • Composition : les adhérents peuvent être des personnes physiques, des associations, des entreprises, des laboratoires de recherche, des collectivités territoriales…
  • Bureau : Olivier Ballerini-Gendrin (président), « l’Atelier des beaux boulons », représenté par Simon Laurent (Vice-président), « Albilab », représenté par Kevin Mazars (trésorier), « LabSud », représenté par Pascal Kuczynski (secrétaire)
  • CA : 12 membres, 8 élus par le collège des FabLabs, 2 par le collège des Usagers, 1 par les Projets de FabLabs, un par les Sympathisants.
  • 4 Collèges : Fablabs – Usagers – Projets de FabLabs – Sympathisants
  • Membres (nombre) : 98, dont 60 FabLabs sous des formes juridiques diverses
  • Calendrier des futures échéances
    • Fab14 du 11 au 20 juillet,
    • AG le 21 juillet
    • OctoberMake chaque année en octobre
    • La Nuit des FabLabs, en cours de montage
  • Relations avec d’autres institutions publiques :
    • FabLab intégré à une université (ex. FacLab)
    • Association avec des Universités dans des projets de recherche type Labex (ex. le Dôme à Caen au sein du projet Téthys)
    • Des Conseils Généraux (ex. 3 Fablabs de la Nièvre sont portés par le CG…)
    • Des agglomérations ou des villes (ex. à Auxerre, « l’Atelier des beaux boulons » adossé au tiers lieu « Les Riverains »)
    • (…)
  • Relations avec des institutions : différentes conventions et partenariats signés au niveau national avec diverses associations, et de nombreuses formes de coopération au niveau local (CANOPÉ, Petits Débrouillards, Ligue de l’enseignement…)
  • De même en ce qui concerne les entreprises (Airbus, Michelin, Orange, MAÏF, La Poste…).
  • Relations avec le réseau émergent des Fablabs européens à travers le programme Vulca

Des informations complètes basées sur une enquête auprès de l’ensemble des membres de l’association et d’autres Fablabs non adhérents seront publiées dans le Livre Blanc produit par l’association à paraître à l’automne.

 

Notre vision de ce qu’est un Fablab

Une définition dépendante des enjeux locaux donc au cas par cas, mais de manière générale :

  • Une plate-forme de traduction et de transfert d’activités et de savoirs entre institutions de formation, monde de l’entreprise et collectivités territoriales concernant les besoins quotidiens des acteurs de l’environnement proche, qu’ils soient individuels ou collectifs, publics ou privés.
  • Un espace de mutualisation des outils, des locaux, des bonnes pratiques pour les TPE/PME/PMI locales, en partenariat bien sûr avec d’autres acteurs significatifs à l’échelon local, selon les cas (chambres consulaires, instituts de formation, coopératives…)
  • Un plateau de prototypage et d’expérimentation adossé le cas échéant selon les situations les ressources et les besoins territoriaux à des ateliers de production en série.
  • Un lieu de socialisation permettant de favoriser, sur un territoire, l’émergence de réseaux sociotechniques et un usage responsable et pragmatique des technologies, une culture professionnelle partagée et des espaces de régulation et d’arbitrage légitimes, en partenariat avec les compagnies d’experts judiciaires, de monde de la recherche et de l’enseignement, les organisations professionnelles, les autres acteurs judiciaires et les assureurs.

Deux remarques :

  1. les Fablabs, aujourd’hui phénomène de mode, se développent dans des contextes très différents. Un critère important de distinction est à établir entre les Fablabs urbains, en particulier ceux implantés dans des agglomérations dynamiques, offrant de multiples partenariats possibles avec divers acteurs, où différentes structures éventuellement spécialisées peuvent coexister, et les Fablabs ruraux, devant faire face à d’autres types de défis (concentration des activités, difficultés de financement…). Le Livre Blanc approfondira in extenso ces questions et cette distinction.
  2. Les Fablabs, structures à vocation collaborative, organisés en réseau, ne sont pas tous nés le même jour, et peuvent se développer, voire disparaître, à des rythmes différents. Le réseau prend en compte cette asynchronie constitutive de la situation qui justifie en partie l’importance d’une structure de partage de ressources, de bonnes pratiques et d’expertise non standardisante et décentralisée.

 

Nos objectifs

  • Contribuer à structurer et animer la communauté à l’échelle nationale, grâce au recensement et à l’étude des situations locales, de leurs points communs et de leurs différences
  • Favoriser le partage des bonnes pratiques et leur déclinaison / adaptation locale
  • Prendre acte de l’intérêt et de la justification des différences de structure, d’organisation et de partenariats en fonction des situations afin d’assurer une coordination fine et non centralisée
  • Élaborer en tenant compte de ce qui précède le bon niveau d’objectifs communs et de biens, services et pratiques mutualisées, par exemple des modalités pratiques de recrutement, d’évaluation, de certification, d’assurance, mais aussi des questions d’achats groupés de machines, consommables, fluides, etc.
  • Défendre les intérêts de la communauté lorsqu’un niveau d’intervention et de coordination national s’avère nécessaire,
  • Favoriser la mobilité professionnelle entre membres de la communauté,
  • Éviter le risque d’enclavement des membres des fablabs isolés et dépendants du contexte local
  • Faciliter le transfert des capitaux (biens, documentation, adhérents) entre fablabs dans le cas de la disparition d’une structure
  • Construire une base documentaire et une expertise collective reconnue (culture professionnelle) dans les sujets concernant la communauté, techniques, économiques et socio-politiques

 

Nos alertes sur les risques organisationnels

  • Instrumentalisation politique partisane
  • Exploitation du bénévolat & appropriation individuelle du travail collectif
  • Multiplication des investissements inutiles et autres éléphants blancs (3 fablabs par habitant) et passagers clandestins
  • Labellisation top-down qui risque de créer des coquilles vides et du « Fabwashing »
  • Épuisement des animateurs bénévoles et désengagement de la communauté
  • Sabordage du mouvement (pression à la conformité, défaut d’assistance organisationnelle et juridique, absence de prise en compte des spécificités locales et de la sensibilité technique des animateurs du réseau pouvant conduire à l’éclatement de la communauté) et dispersion des acquis collectifs qui ne demandent qu’à se mettre au service de l’intérêt général

 

Notre valeur ajoutée

Distincte de la « French tech » et complémentaire des pôles de compétitivité, la valeur ajoutée des fablabs organisés en réseau au sein de RFFLabs présente un certain nombre d’avantages évidents au niveau micro-méso mais aussi au niveau macro. La communauté de RFFLabs constitue :

  • Une communauté bien structurée, mûre, au niveau d’interconnaissance et de collaboration élevé et ayant fait preuve de sa capacité organisationnelle (Fab14, FabCity, FabFestivals…) à l’échelle nationale depuis plusieurs années. Organisation connue et reconnue, potentiel de mobilisation légitime de nombreux acteurs sur tout le territoire.
  • Un lieu de révélation des talents locaux, re-mobilisation des travailleurs et valorisation de savoir-faire « discrets », action de promotion des pratiques et des cultures techniques
  • « Objet frontière » permettant d’expérimenter de nouvelles formes de formation et d’engagement au travail collectives et individuelles, associant solidarité et adaptabilité, grâce à la mise en place de conditions de socialisation professionnelle, et des conditions d’institutionnalisation d’une solidarité et de protections sociales robuste permettant de faire face aux défis de l’ubérisation, de l’éclatement des structures de solidarité établies et du marché mondialisé
  • Un potentiel d’innovation et d’adaptations locales de produits standardisés à l’échelle mondiale, l’accompagnement de l’émergence de micro-usines de quartier, favorisant la relocalisation de la production et le développement et le maintien des savoir-faire locaux
  • Une capacité de renforcement de l’autonomie des territoires sans négliger les relations avec les institutions collectives de grande échelle (nationales, continentales, mondiales) grâce au réseau
  • Une alternative au mode de plus en plus critiqué de gestion dominant de l’innovation par concours, appels d’offres obscurs à la légitimité contestée, et autres « foires à l’innovation », alternative applicable dans certains cas de figure, en particulier à l’échelle locale
  • Un centre de documentation et d’expertise permettant à la fois de capitaliser et de partager les expériences mais aussi de construire la légitimité et l’acceptabilité sociale des usages techniques et de l’expertise, par le biais, entre autres, de formalisation de procédures de formation et de valorisation des acquis de ces formations et expériences
  • Une dynamique de promotion de la médiation et diminution, dans la mesure du raisonnable, les recours contentieux par la prévention
  • Une capacité, de par la diversité de la composition technique, sociale et éducationnelle du réseau, à envisager et à participer à une structure de gouvernance multipartite dans le cadre d’une organisation territoriale des tiers lieux

 

Nos demandes et propositions

  • Reconnaissance officielle du caractère d’intérêt général de l’association et des FabLabs en général
  • Promotion des actions mises en place par les différents membres du réseau (par exemple la labellisation « Grande école du numérique » des dispositifs de Co-dev…)
  • Mise en place d’un système d’assistance financière à la stabilisation du fonctionnement administratif du réseau national et des antennes locales (XX eq.tp + frais de fonctionnement) + financement du support juridique et organisationnel pour la formalisation
  • Adossement du livre blanc sur les Fablabs à la prochaine version du rapport (livre blanc livrable en septembre 2018)
  • Aides en matière de communication institutionnelle (genre organisation de séminaire à Bercy à l’adresse des agents de fonction publique centrale, organisation d’un séminaire pour les maires de France, pour les chargés de développement numérique des conseils généraux et régionaux…) et pérennisation (modulable) des aides en matière d’organisation des événements annuels du réseau type OctoberMake, FabFest et Nuit des Fablabs
  • Mise en place d’un crédit d’impôt innovation à l’adresse des TPE/PME qui auraient recours aux services ou aux outils dans les Fablabs
  • Facilitation des engagements en service civique / service national dans le cadre des Fablabs
  • Mise en place d’un système de mécénat / financement par les grandes entreprises en échange d’actions de formation, d’accompagnement ou d’une forme innovante d’appels d’offres au sein du réseau – possibilité de mettre en place une sorte de taxe ou droit d’auteur sur les produits réalisés dans le cadre d’un Fablab
  • Possibilité de dépenser son compte individuel de formation dans des actions de formation dispensées dans les fablabs avec émission d’une qualification professionnelle (Grande École du Numérique, Open Badges … cf. Fab+ Education)

 

Par :

  • Olivier Ballerini-Gendrin (Président)
  • L’Atelier des Beaux Boulons représenté par Simon Laurent (Vice-Président)
  • Matei Gheorghiu (Comité Scientifique)