Comme le démontre la chronologie racontée avec talent par Armelle Choplin et Martin Lozivit dans leur excellent billet sur Les fablabs en Afrique : l’innovation numérique au service d’une ville durable ? les histoires des fablabs de France et d’Afrique francophone commencent à peu près en même temps au début des années 2010. Non pas comme on pourrait le supposer dans deux histoires parallèles, mais dans un croisement et des échanges permanents depuis maintenant plus de 10 ans.

En ont résulté de nombreux recoupements fertiles avec des projets frères comme Jerry DIT, Emmabuntu, Humanlab Africa et bien d’autres.

L’organisation en France du FAB14 distribué, grâce à la dynamique impulsée par Alexandre Rousselet, et l’action extraordinaire des fablabs Français en régions,  a donné un coup d’accélérateur aux rencontres internationales entre porteurs de projets africains et français. Cela a débouché sur la naissance de réseaux et de projets qui touchent à des sujets fondamentaux se recoupant aujourd’hui pour la plupart avec nos groupes de travail, souvent issus des thématiques de ce FAB14 distribué.


#Makeafrica2018 a vu la formidable naissance du Réseau des Fablabs Francophones d’Afrique de l’Ouest, appuyé sur des pionniers expérimentés respectés au terrain, et en partenariat et avec la participation du Rfflabs alors représenté par Simon Laurent, Franck Jubin, mais aussi grâce à des branches fertiles issues de FAB 14 distribué (comme Tiers-lieux edu, aujourd’hui impliqué au premier plan).

De très beaux projets sont désormais en cours, comme Fair’Langue, qui marque une forme de passage à l’échelle, avec un énorme potentiel non pas pour les fablabs, mais pour tous les acteurs de l’éducation concernés par le numérique en francophonie.

#MakeAfrica2019 a encore renforcé nos liens et impulsé la rencontre avec des acteurs majeurs comme l’Institut de Recherche et Développement, par exemple lors de la table ronde internationale autour des fablabs et villes durables à laquelle j’ai eu la chance de contribuer avec Martin Lozivit (lowtech lab), Nicolas Marilleau (IRD), le Woelab, ainsi que Franck Jubin pour la France.

Cette année 2020 nous offre au moins deux grandes opportunités de rendre visible à la fois l’humanisme et l’efficacité d’une coopération fraternelle, voire de trouver des moyens financiers pour soutenir le déplacement de porteurs de projets à l’international.

Le sommet Afrique2020 du 4 au 6 juin 2020

Le sommet Afrique2020 est organisé du 6 au 8 juin et vise à rassembler 1000 projets autour des villes durables dans des coopérations et projets entre France et Afrique. Or à ce jour nous sommes juste plus de 100 lieux dans plus de 12 pays entre nos deux réseaux…

Après échange avec Médard Agbayazon, président du Réseau des Fablabs Francophones d’Afrique de l’Ouest, nous encourageons nos membres à répondre à l’appel à contributions de ce sommet, pour y faire découvrir une autre manière de créer, partager, et re-faire ensemble les solutions du monde d’aujourd’hui et de demain. Nous sommes certains que si les propositions sont de qualité, il sera possible de chercher des soutiens pour financer les déplacements nécessaires des porteurs de projets venant du sud.

Le lien vers le formulaire pour proposer des conférences est ici.
La date limite est posée au 15 février. Si possible, indiquez dans votre proposition dans le titre ‘Membre RFFlabs et/ou membre ReFFAO ».

 

 

Rebondir ensemble sur FAB16. 

FAB16 se tiendra fin juillet au Québec, avec une organisation locale par nos amis de Communautique, pionniers francophones en Amérique du nord. La thématique sera articulée autour des villes durables et souhaitables avec bien entendu une rencontre des fab cities. Si nous voulons y étendre notre coalition francophone, quelle meilleure opportunité que d’y faire rebondir au moins une partie des projets déjà en cours, pourquoi pas déposés sur Afrique2020, et étendu encore plus loin dans l’hémisphère nord en association avec les fablabs du Québec ?

Des solutions sud-nord pour l’avenir !

Développer des usages inclusifs,  d’un numérique éthique,  pour inventer des solutions durables et adaptables au terrain dans le contexte du réchauffement climatique, de manière transnationale et fraternelle, voici un gros chantier qui peut se relever autrement que par la transplantation de modèles caduques, si l’on considère qu’une bonne partie des solutions seront inventées au Sud ou avec ses créateurs de projets. Il est très différent d’installer des infrastructures énergivores du Nord dans le Sud, et de transplanter et adapter au Nord des solutions nouvelles inventées en contexte d’innovation frugale chez nos frêres et soeurs du sud, par exemple…

Il y a donc fort à parier que les attributs de notre partenariat : coopération transnationale, pédagogie inclusive, partage dans le bien commun de l’humanité, réinvention d’autres solutions adaptées au changement climatique, méritent d’être visibles, soutenues, et diffusées. Si nous le voulons, il faut saisir les opportunités !

Pour l’avenir et plus que jamais, on est ensemble ! 

Hugues Aubin
Vice-président RFFlabs.